La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÉYOLUTIO.'i DE DEMAI.'i 415 en apprécier les fautes et les erreurs, comme les grandeurs et les Yertus. )fais la Révolution qui vient, ou plutôt la révolution qui est en train, la révolution qui n'est qu'un développement, une suite de celle de 8!), laquelle elle-même procédait directement de la révolution <les Communes et du XVIII• siècle, il nous est possible, tians une certaine mesure, d'en déterminer les lignes essentielles; il nous est possible, jusqu'à un certain point, <.l'endiscerner les tendances et d'en supposer les aboutissants définitifs. Maü; c'est tout. Xoas sommes comme les acteurs d'un drame tlont nous n'entrevoyons que confnsément l'action, parce que nous y sommes trop mêlés, parce que nous le faisons. et que chacun de nous - tel un soldat au milieu d'une bataille - ne jouant qu'un imperceptible bout de rôle, au milieu d'une infinité d'autres acteurs qui vont, Yiennent, sortent, rentrent, parlent, s'embrassent ou se heurtent, nous ne saisissons que très imparfaitement le sens de la pièce ; et quant au dénouement - s'il y eu a un - qui de nous le Yerm? De quelque fa~on, d'ailleurs, que la Révolution se réalise, soit par une crise accidentelle, soit par l'action du suffrage universel, imposant, par la ré,·ision ùe la Constitution, la transformation de notre régime parlementaire, et proYoquant l'avènement <l'un personnel politique nouq>au.-lapremière réforme sociale qui devra être accomplie, c'est, je l'ai déjà indiqné, celle qui a pour objet une meilleure répartition des charges, prl'.>ambulenécessaire d'une répartition plus équitable des bénéfices. C<Jttemeilleura distribution des charges, elle sera organisée par l'établissement do l'impôt direct et progressif sur le capital et sur le :i;evenu, la suppression de toute hérédité collatérale (sans toucher d'ailleurs à la libe1·té de tester), et la fixation de droits tle mutations par décès calculés de manière à prendre peu sur le,; petites fortunes, damutage sur les fortunes moyennes, et la moitié au moins des grandes fortunes, à peu près dans les proportions sui vantes indiquées par Godin, le fondateur du familistère de Guise: .Au-dessus de 2,000 fr ...... . de 2,000 à 5,000 fr .. de 5,000 à 10,000 fr. de 10,000 à 20,000 fr. de ~0,000 à 50,000 fr. de 50,000 à 100,000 fr. de 100,000 à 500,000 fr .. . de 500,000 à 1 million .. . de 1 million à 5 millions . de 5 millions . . . . . . . . l % a% 5 % 7 % 10 % 15 % 20 % :-10 % 40 % 50 %

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