La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

416 LA REVUE SOCIALISTE On aurait ainsi près de troiH milliarcls de recette, lesc1uels, joints aux pro1luits netHdescli\·er,; services publics, déjà exploités par l"Etat on dont il prendrait la ùirection (tabacs, postes, télégr,tpheR, téléphone,;, chemins ùe fer, mines et carri<'.•res,salines, allumettes, domaines proprement dits) procluiraient pltu1 de quatre milliards de francs. Et, comme le fait remarquer B. ::\Calondans son ,C.,'orioli.~111r Ttttiir;ntl, auquel j'em1,runtP cet aperçu d'un impôt 11irectl't progr-.'ssif - il faut noter que l'abolition du budget deg cultes, du par,1sitismf>a1lministratif, dn cumul et des sinécures allégeraient le budget de d{•penseHimproducti vcs, en attendant la suppression du hudgl•t de la guerre, qui réaliserait une économie annuelle de dPux milliar<ls enYiron. » L'.t S<"condcmesure à accomplir serait la décentralisation administrative (dont j'ai parlé pins haut) restituant aux comllluneH leur autonomie économi<1ue et leur permettant cle « comlllt1naliser » tllll' foule de services : éclairage, eaux, tramways et omnibus, boulangerie, boucherie, service médical et pharmaceutique, etc. La troisième mesure, ce serait rorganisation de l'assurance obligatoirP contre Je chômage, la maladie, la vieillesse, fos accidents professionnels, les crises quelconques faisant tomber le ,;alaire au-des~ous du minimum fixé pour chaque catégorie de métier:-1,<l'après le prix moyen de la vie, selon les localités. Ces trois grandes mesures sociales n'ont assurément rien d·utopique, ni dans leur conception, ni dans le mode possible de leur application. Elles pourront ~tre réalisées sans toucher à quoi que ce soit d'existant, sam; troubler ni violenter les relations politiques, économiques on morales des inclividns entre eüx. Ces mesures prises et assurées, on peut <lire t1nela transformation totale de l'orclro social actuel serait décidée. Les réformes organiques, plus profondes et plus clécisives que <:t.>ttetmm,formation implique, pourraient dès lora se préparer et s·accomplir sans graves et irréductibles difficultés. NouHconstatons que la maison croule. Chaque jour, la lézarcle H'élargit, et quelque pierre tombe tln faîte. De pouvoir moral, il n'y en a plus, aujourcl'hui que les croyances religieuses sont éteintes, et n'ont pas été remplacées. De pouvoir politique, il ne reste qu'une ombre. Le parlementarisme a usé, miné tous les ressorts de l'autorité gouvernementale; de même qu'il a épuisé toutes les couches - et jusqu'aux fausses couches - du personnel dirigeant.

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