La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE des consi<lérations générales, des désfrs, des aspirations, des sentiments! o: Catte révolution qu'il uous annonce, comment procéclerat-elle, en gros et clans le détail ? Quelles mesures réalisera-t-elle dès le premier jour, et quelles le second, et quelles les jours suiYants. Combien de temps clurera-t-elle? » Ainsi parlent les gens positifs, bombant leur ventre, les mains dans leurs goussets. Je l'avoue humb_lement : toutes ces choses, je les ignore. Je Bais pourquoi 1·1' l)iti f'Sl ne peut durer, et j'en ai dit les raisons. Je crois aperceYoir, à un point de vue d'ensemble, - comme de loin et :le haut on distingue les lignes générales de l'horizon - ce qni dei·1·ruïêtl'e, et ce vers quoi nous allons. 1 l\Iais 1·011111u•nt ce qui est sera finalement détruit; commn1t ce qui devrait être sera construit, qui donc, sans abuser de la crédulité publique, ou sans s'abuser lui-même, oserait entreprendre de le raconter O Qui donc est de taille à prévoir, dans l'infinie complexité dei, évènements à venir, et l'heure, et l'ordre, et la marche de l'épisode accidentel, bien que fatal, qui ouvre l'ère active d'une révolution sociale ? Je sais que demain arrivera, mais. de quoi dcmctin .~era-1-il fait ' Il est permis de le pressentir, comme il est permis, quand on voit un orage monter clans le ciel, de prédire qu'il éclatera, sans pou voir dire exactement ni sur quel point précis, ni it quelle minute, ni si la foudr~ allumera des incendie,;, ni si elle tuera des êtres animés. Quand, en 178!1,Louis XVI convoqua les Etats Généraux, qui donc eÎlt été alors en mesure de prévoir etde dire quels chang<Jmentsprofomls allaient, en quelques années, être rénlisés dans l'ordre social; comment la royauté, la noblesse, le clergé, institution::;dix fois séculaires et qui, à cette heure encore, apparaissaient à l'immenHe majorité des esprits comme indispensables dam; la nation, scr,tient abattus sans retour, et comment, à leur place, d'autres imititutions, à p~ne rêvées, à peine entrevues, seraient fondées~ B~aucoup sentaient que de grandes transformations allaient s'accomplir. l\Iais comment, par quelle série d'évènements elles s'accompliraient : personne, assurément ne le savait, et inême au moment ot\ elles s'opéraient, personne n'en aurait pu déterminer les conséquences ultérieures. ~om; sommes à l'aise aujourd'hui pour vaticiner au rebours sur la révolution dont notre société actuelle est issue. Nous connaissons par le menu son histoire; nous en connaisl:lons et l'ensemble et les détails. Nous en voyons les suites logiques, les développements jadis en germe, aujourd'hui réalisés ; nous pouvons

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