La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÉYOLU'l'IOX DE DEMAIN 40!) mains des travailleurs que si, d'avance, par l'organiRation de leurs syndicats, ceux-ci savent le~ prévoir et se procurer les ressources indispensables pour les soutenir. Le nerf, dans cette guene économique, comme darn; la guerre militaire, - c'est l'argent. :Nous avons déjà vu que, faute d'argent, le prolétariat ne veut pas être directement représenté clans les assemblées délibérante;; électives; qu'en fait, si les ou,Tiers:, en .-ertu du droit de suffrage universel, sont tons électeurs, ils ne sont réellement pas plus éligibles qu'ils ne l'étaient naguère, Rous le régime du suffrage censitaire. Faute d'argent, les syndicats ne peuvent tenir, ni exercer leur action utile, qui est de défendre contre le patronat les intérêts des salariés. 8i la grève de Carmaux, dont je parlais tout à l'heure, a réussi, (il faut noter d'ailleurs, yu'elle n'était causée que par un motif d"ordre politi4.ue, nullement par Llll motif économique) c'est parce que le syndicat a pu, pendant deux mois et demi, subvenir, à peu près, aux besoins des ouvriers grévistes (1). ~Iais comment l'a-t-il pu :' Gràce aux ;;ouscriptions improvisées partout, gràce aux sous recueillis sur tous les points do la France, aux sous donnés à trois mille tra,·ailleurs par leurs camaradeti de servitude et do misère. Eh bien ! ce qui s'est fait là, spontanément, au hasard: ce qui s'est fait sous lo couv du besoin immédiat, et pour ainsi dire sous le feu <lel'ennemi; il faudrait le faire surtout en temps de paix, par mesure de prévoyance. Il faudrait organiser le sou de la grève, le petit sou quotidien prélevé sur le salaire de chaque traYailleur syndiqué. Le produit de cotte collecte serait affecté,par exemple,pour les deux tiers à la Caisse particulière de chaque syndicat, et pour l'autre tiers il la Caisse générale de la Fédération des Syndicats. De la sorte, on aurait ;\ la fois deux trésors : le trésor local, propre au budget administratif de chaque association syndicale, destiné surtout à secourir, dans dos cas spéciaux et individuels de chômage, de retraite on d'infu·mité professionnelle, les membres de l'association; à participer, dans une certaine mesure, aux frais électoraux des luttes politiques dans lesquelles sont engagés des candidats ouvriers; enfin, au besoin, à soutenir les grèves particu- (1) La subvention a été bien insuffisante, car si Je syndicat a recueilli et distribué environ 70,000 francs de souscriptions, les ouYriers ont perdu plus d'un million de salaire~. Que de misères, que de souffrances muettes cette disproportion ënorme entre-la perte e~ la recette laisse entrevoir!

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==