LA Ri:YOL~'fIOS DE DEi\1AIX -!Oï sera près d'être accomplie : elle sera ,·irtuellement fait(•. Le prolétariat n'aura qu'ù étendre la main pour s'emparer des ponvoir,; polilil1t1es: et, maître des pou ,·oirs politiqnes,il sera du mênw eonp maître du pouvoir économique ... Ce jour, Rans doute, est encore éloigné. Xons n'en somme,; qu Ït l'au be de l ·organisation des Ryndicats professionnels, qni 11 ·est antre, an fond, que la réorganisation, sur le plan et craprt>s les idées modernes, des antiques eorporations de métif'rs, non plus ferml>t-s,jalouses les unes des autres, tout animéeH de l'eRprit du pluR àpre individualisme, mais vraiment démocratiques l'i profondément pénétrées du sentiment de la solidarité et de l'unité nécci;saires. JI y a encore beaucoup à faire anrnt que ks onYriPr:1 enxmêmcil comprennent que l'asRociation i,;3·nclicall', mieux qtw le suffrage universel tel qu'il est actuellement con<;uet pratiqué, e'lt l'im;lrnment souverain par lequel ils conquerront sûrement leur émancipation cléfiniti ,·e. Pourtant, il est impoRsible que tons ne Yoient pas, à la longuf', que paAune de leurs revendications les plus légitimes 1ùt chance d"aboutir, tant que, dhhi•s, éparpillés, ils ne les formuleront lil!Ïndi,·iduellem<'nt. On convient que l'unique moyen pratique, pour les ouvriers, de faire admettre leurs revendicationi<, c'est la gri•vc. Et l'on est d'accm·d, économistes et politicit•ns, même bourgeois, pour n•connaîlre comme légitime le droit de grève. Or, le plu1:1souvent, les grèves échouent (1). Pourquoi ? parce que les réclamationsdesgrhistes étaitent exagérées ou mal fondées~ Cela peut arriver sans doute, mais ce n'est pas dam; la généralité des cas. Elles échouent, le pluH sotn·ent, parce (jUO les grévistes n'ont pas les moyens (l'attendre; parce que huit jours, quinze jours de grève, suffisent pour les réduire ;\ merci. Car la faim, la faim l our ,;oi, pour la femme, pour les petits - se tioucie peu cje la légitimité des motifa de la grève. La faim est impérieuse, elle veut être satisfaite. Elle a vite raison de tonte énergie, de tout amour propre, même de tout :;entimeut généreux. Et tel qui, en ( 1) D'après les dernières. statistiques de l'offire du travail, sur les 313 grcves • qui ont eu lieu en 1890, 82, comprenant 13,001 ouvriers ont réussi; 6i, comprenant 28.0l3 ouvriers, ont abouti à une transaction; l6l, englobant 76,0î5 ouvriers, ont échoué. En 1891, 01 g1·èves, avec 22,449 ouvriers, ont réussi ; 67, avec 5i,237 ouvriers, ont amené uni! transaction ; 100, avec 32,109 ouvriers, ont khoué.
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