La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

TACTIQUE SOCIALISTE ])rendre patience, en demandant des consolations aux rosières cle Saint-Denis, ses protégées. ~I. d'Haussonville conseille ,c à 111oi11s -<l'é1•éneme11i/m.~préi•n~, de ne point mettre la monarchie en cause clC'nnt les électeurs ii. 11y a une besogne commune à faire: diriger toutes ses forces contre les radicaux et les socialistes. Parmi les premier,;, le chef <lel'extrême gauche est tout indiqué, comme tête de turc. L'achar11ement déployé contre lui B'explique trè,; logi4.uement. « Il no faut pas se lasser, conseille un organe monarchiste, l'X,pérmu•f> du Peuplf', de démanteler la citadelle. :\I. Clémenc:eau fait partie !les t~oupes qui défendent cette citadelle. A ce titre, il doit s'attendre à toutes les attaques. Esc-cc à dire que )I. Clémenceau inspire une haine particulière aux c:oalisés :' ::,.u;llement... )lais il représente encore une force. Dans beaucoup de c:ercle8, il est considéré comme la suprême réserve de la République et comme le dernier paladin qui lui reste. Eh bien! ce preux, ce Roland, il faut l'abattre, il faut le supprimer ... )J. Clémenceau disparu, c'est l'extrême gauche tout entière qui s'écroule. En le perdant, là République perd, comme Xapoléon à \Vaterloo, ;;on dernier c:arré ! Comprenez-vous maintenant la tenacilé do no;; efforts ? ii Ce dernier carré défoncé, cette dernière redoute enlevée, los socialistes ne feront paRlong feu. Seuls, devant la formidable coalition des conservateurs opportunisteA et monarchistes, à quoi peuvent-ils prétemli·e? li suffira de 4.ueh1ues polic:iers lancés à leur chasse, pour Yenir à bout de ces <r sauvages de la civilii,ation >i, comme les appelle cluétiennement ::'ILtl'Ilaussonville. Les consciences timorées peuvent donc se rassurer. L'ancienne <!Oncentration a vécu, par la volonté même des opportunistes qui n'y ont jamais vu qu'un instrument de règne et une source de profits personnels. De gauche elle passe à droite. Les ralliés prennent la place de l'extrême gauche. Le pacte de l'union républicaine est dénoncé et on lui substitue celui que M. de l\fackau ~st allé ourdir à l'Elysée. Un néo-boulangisme se lève. Il a perdu son chef de file, :M. Jules Ferry; il lui reste son inspirateur, 11. Constans. SOCIALISTES ET CONSERVATEURS. - U~E COMBINAISO:X FAlI'l.'AISISTE Tout cela est dans le cours naturel des choses, mais voici qui ~st drôle. Tandis que le Grand U et la Ligue de la Rose s'entendent comme larrons en foire, écoutez ces cris indignés. Saisissant au vol une parole de M. Andrieux - parole qui n'engage

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