388 LA REVUE SOCIALISTE d'cRprit qu'il sentait autour clc lui. « Une même peur du sociali,nue. disait-il, commence à affolet· toute la majorité,>. Il ne manqnait plus à cet ostracisme qu'une sanction officielle. Elle a été donnée pat· :M. Ribot dans la séance du 17 féYrier. :.I. Paul DeHchanel a:·ait posé cette question : Dans la penH{•edu gouvernement et de la majorité des r<'•1rnblicains,eHt-ce que l'union des républicains compr,md de8 hommes tels que Ferron!? - :No' n ! répond sans hésitt>r le président du corn,eil. - Et :.L Paul Lafargue, le gendra et le disciple du collectiviste allemand Karl :Marx: ? - Xon, est encore une foi,; l,Lréponse de :.L Ribot. :.L DPsc:hanel continue : - EHt-ce que clam; votre pensée, l'union des républicains comprend les cl{•putés qui marchent la main clans la main avec ceux-là? Ici, le gotn·ernement garde le silence. Son courage le trahit. :.fais connue cl'aillcuril personne ne proteste, l'ol"ateur n'insiste pas, conHi<lérant que ce Rilencc vaut hien une réponse. Ainsi ce ne sont paHHeulement les élus du parti ouvrier qui sont mis hors ile la Ri•publique, mais encore tous les députés coup:tbles de frayer avec eux, c'est-à-dire les Millerand, les Baudin, les ,J.nu~s, etc. • • • L'o-.;tr,teisme ne s'arrêta pas en si bonne voie. Voici l'opinion d'un ex-radical socialiste, ~L Yves Guyot. Il n'a « jamais considèr.J que les socialistes, pas plus que les boulangistes, fü,Hentpartie dt> la concentration républicaine. ~fais il y a en outre une cinquantaine d'autres députés appartenant à l'extrême gauche,« les cll'mencisteR ))' qui mé1·itent la même proscription». Dan,; la prati<1ue, il en est, du reste, ainsi, depuis longtemps. Un préfet qui HO nntait d'avoir administré son département comme pas un, diAAit: « J'ai trouvé lit un parti radical, j'ai tué Resjournaux .. J'ai trouvé un parti royaliste, je me suis mis avec lui du demier mieux:. J'ai trouvé un parti du gouvernement, j'ai rallié it lui la plupart des conserYateurs. Mon département était une ar<'•nc,j'en ai fait un salon». Les monarchii,tes ont bien fait mine ùe résister. Mais comment demeurer rebelle à des fac;ons aussi aimables ? Décidés à en finir avec la gueuse dès qu'ils le pourraient, mais se reconnaissant incapables de l'avaler toute crue, ils consentent à utiliser la cuisine républicaine pour la cuire à point. l\I. le comte de Paris dena
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