La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

TACTIQUE SOCIALISTE Mais, aujour,l'hui, c'en est fait; le pays comprend que depuis les élections de 1877, la concentration n'a rien sauYé et a failli tout perJre. Pour parler un langage expres,;if, il en a soupé <le -..otre concentration, messieurs les opportunistes. Faites-en votre deuil. Elle est ruorte, aussi bien que le cheval noir, el ne reviendra. plus. • • • Aux yeux <le certains, renoncer à la concentration républicaine fait l'effet d'une trahison. Il semble qu'on déserte la République. Je me souviens particulièrement d'un article où Ranc a blâmé l'attitude de )Iillerand,<l'un autre où Tony Révillon s'écriait sur un ton navré: :Millerand nous quitte pour aller avec Lafargue. Il faudrait pourtant s'entendre. Qui donc a rompu le faisceau <lel'union républicaine, sinon précisément ceux qui nous accusent de le faire? Jamais :.Iillerand n'a exclu personne du parti républicain. La réciproque est-elle vraie? Dans son discours de Lyon, :\L Lamy a résumé la politique de son groupe <l'une faç·on très précise : « Les élections, dit-il, doi ,·eut être républicaines et je d iHaux monarchistes : Trop tard! aux révisionni,;ces : Trop tôt ! aux socialistes : Jamais ! » Les opportuniste!'! ne tiennent pas un langage différent. Ils déclarent à qui veut les entendre qu'il faut rompre avec tous les r~publicain,; entachés de socialisme .. :\.Yant même l'interpellation Leydet, ils exprimaient leur intention de soulever un débat qui << fit la coupure ». Et au profit de qui, cette coupure? Au profit des ralliés. Entre les socialif!tes et les républicains - le mot est de ::'IL .Jules Ferry - il y a un abime infranchissable. Entre les républicains et les cons 'rvateurs, il n'y a qu'un fossé, déjà franchi. Le Pl'l1ple de Lyon a raconti• qu'à l'inauguration du cercle des « Grands ::S ez », un sénateur républicain de la région se flattait de ce que le socialisme avait été vaincu aux élections municipales, grâce au concours des conservateurs mlliés, et ce sénateur de conclure : « Il faut leur donner des garanties et des satisfactions; car tt'ils nous abandonnaient, les socialistes nous vaincraient de nouveau>. Le T,,mps dénonce chaque jour le péril socialiste et fait appel pour en triompher au concours des conservateurs. « ll s'agit de savoir, s'écrie-t-il, si par incurie, par jalousie mesquine, ou par lâcheté, les conservateurs qui font la majorité dans le pays voudront faire les affaires des apôtres de la guerre des classes et de la révolution sociale. » .A. peine rentré à la Chambra, M. Jauràs était frappé de l'état

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