La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

REYUE DES LIYRES « La force est l'a1:coucheusc des sociétés. » « Accoucheuse? sans doute. ;sounice? non! • Et l'exilé est. cela se comprend, a\'i<le d'apprend,·e comment s'y sont pris ses compatriotes pour assurer la H.é\'olution. Le transport qui ramène Mau,·ice Dalbret dans sa patrie appartient a la nation française, c'est le n° 1~490 des services publics de la marine. Le voyage est gratuit. A bord, Dalbret commence à apprendre les changements qui se sont produits. L'administration nationale a commencé par détruil'I) le parasitisme sous toutes ses formes. Il n'y a plus ni rentes, ni arrérages, ni loyers perçus. On ne peut plus se faire entretenir par le trarail des autres. Le budget des culte~ a été supprimé. Le clergé tra1•aille pou1• vivre. On expulse d'ailleurs ceux qui volontairement restent improductifs. On nourrit les inrnlides et les infirmes. Le labeur est devenu plus facile dans une foule d'industries, on ne trarnille que deux jours par semaine et on est payé pour toute la semainr, « la production correspond toujours à la consommation, toute part de production exécutée par l'indi1·idu doit produire l'intégrité de la consommation. Les douanes ne sont pas tout à fait supprimées - des droits sont préle\'és sur la rnleur des produits étrangers dont les similaires existent en Franc~ - mais sans formalité 1·exatoire, grâce à un contrôle facile sur les densités. On ne visite pas les bagage,, ma,is seulement les colis marchands. Sur le quai, se trou\'ent un service public de transbordement et un senice de change gratuits pour les Français. Le rnyageur apprend que l'or est monnaie internationale. Dans le pays on se sert de billets de banque ou billets d'impôt. - Encore des ser1ices publics pour les 1·oitures, pou,· la circulation. A l'hùte) (l'ancienne Bourse de :\larseille), Dalbret consulte la carte de la zilne. Il voit que la France est di\'isée en Hl zônes. géographiques - plus rie départements, - mais à la frontière une zône neutre, un cordon de ]5 lieues de profondeur - oil on lui app1·end qu'il y a là une population plus favorisée que dans le centre du pays. afin de la prédisposer à une résistance plus énergique en cas d'inrnsion. Les étrangers paient une taxe, c'est ce que Dalliret apprend en se promenant sur les quais - les OU\'l'Îers ont un minimum de salaire, - il v a des différences dans le salaire suirnnt l'éducation, la capacité - mais 'on ne rnit plus de misé1ab!cs. Au théàtre. un ami lui dit que Je~ directions dramatiques sont données au concours. Le théàtre appartient à la commune. - La banque qui est un ser\'ice public, et dont le crédit est gratuit- prête sur le bail directorial, sans intérêt, en se contentant d'une commission. - La date du remlJoursemcnt est fixée par remprunteur lui-même. - On lui donne le montant du prêt en billets. La banque reçoit 1'impôt, paie les dépeuses nationales, régionales, cornmunales. Elle prête pour qu'on dépense, - et on ne peut dépenser son papier que dans le pays ! Ainsi, pour d'autres entreprises. En ses promenades dans Marseille, notre héros apprend qu'il n'y a plus d'hôpitaux - Les médecins (sel'l'ice public) se rendent à domicile.- La communauté hospitalière n'existe que pour les fous ou orphelins. Les médecins ont triple journée. - Le lendemain, Dalbret prend le train, - il se rend compte que le tarif des marchandises est de beaucoup réduit, calculé sur une rationnelle base, - il en est de même pou1· le~ ,·oyageurs. Dix-huit compagnies gérar,tes ont remplacé les grandes compagnies. - Les employés ne sont pas des fonctionnaires. mais des collectivités responsables envers l'administration nationale et le public. Les réclamations du public suffiraient à faire révoque,· un gérant. Les recettes sont centralisées par la Banque de France. Les tarifa sont révisables d~ cinq ans en cinq ans. - Les transports

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