La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

382 LA REVUE SOClALISTE ::-iousne pournns que signaler ici le line de M. ;-.;ovicou : Les Luttes entre les Sociéti's humaines et lew·s phases successives. - Ce fort volume in-8•>.de près de 800 pages, est une oouvre trop considérable, d'une lecture de tr,lp longue haleine, pour qne nous puissions lui consacrer, depuis que nous l'a\'ons reçu, la place et l'étude qu'il mérite. Nous nous bornons donc à annoncer son apparition, renvoyant à une date ultérieure le compterendu analytique d'un lil're de cette importance. Les Nythes de la Bible. par M. Emile Ferrière sont, comme son titre t'indique, une tentative d'explication des récits de la Bible. L'auteur s'efforce de démontrer. avec un grand luxe d'arguments et de faits historiques à l'appui. que la Bible. comme tous les lines religieux des peuples primitifs est un tableau rctra~ant les origines d'un peuple, ses mœurs, sa rdigion, ses relations avec les peuples \'Oisins. Pour M. Ferriére. l'autor·ité historique des lil'res hébreux est nulle ; les événements qu'ils racontent n'ont pu s'accomplir; leurs récits pullulent de contradictions de toure nature ; les hommes qu'ils citent sont des personnifications de pays, de villes. et même d'incidents snrl'•:nus dans le cours des migrations de certaines tribus. La Bible, en un mot. n'a pas plus d'autorité historique que les Yédas de l'Inde. les Sagas scandinaves. les Légendes celtiques. les Arnntures de Zeus ~t d'lo, dans la mythologie grecque, ce à quoi nous souscrivons volontiers, ÜUSTA\"E RouA:-;ET. SI ... , étude sociale d'après-demain, par Auguste Chirac. l \'Olume, Savine, éditeur. Bien curieuse lit dernière publication d'Auguste Chirac. Cne· utopie, si l'on \'eut, mais p~ut-étre moins que ne le penseront certains lecteurs superficiels. car il y a dans co livre des projets de réformes très réalisables - et pas seulement à l'état vague, embryonnaire du rêve, mais indi!Jués scientifiquement. rnathématiqueme11t - a,·ec Auguste Chirac il ne pourr-ait en être autrement d'ailleurs. De plus compétents parmi nos collaborateurs feront sans doute la critique scientifü1uc du livre; nous nous contenterons de Je résumer et d'en indiquer le coté ingénieux et neuf. Au point de me propagandiste, il est peut-être un peu trop hérissé de chiffres et de formules - je sais bien qu'il y a des choses qu'on ne pent enguirlander - on ne marirnude pa, avec la mathémathique . .Mais Chirac s·cst-il toujours bien gardé du tableau statistique, du terme technique·! Je crois que non! Les règlements et lois de l,i France régénérée, en leu,· sécheresse, nuisent un peu à l'intérêt littéraire du livre. Chirac suppos; la Révolution faite. Un socialiste, :llaurice Dalbret, qui s'est rnlontairement exilé en Russie au moment où ses idées triomphaient (pour une raison peut-èti·e un peu subtile) rentre en France. Il a assisl<', durant son absence, à la transformation sociale de la Russie, accomplie par la simple volonté du tzar, en faveur de la démocratie, mais il a appris d'un autre éùté l'échec des socialistes allemands trop fidèles à la doctrine marxi,te. 11 Ayant mer\'eilleusement disséqué le mal, ayant constaté l'autorit.ar·isme à outrance qui, sous les dehors d'une libre expansion, étreignait l'homme jeté dans les serres du capitalisme, :Marx avait. cru que, par un autoritarisme contraire il arriverait à enchainer Je Capital et à cr·éer le bien-être social. ' 11 Cela découlait naturellement de sa conception révolutionnaire Haie dans le sens du premier coup à frapper, fausse dans son maintien après la hataille. » li avait donc trop généralisé sa formule habituelle.

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