La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LES CHEY ALIERS DU TRA YAIL 37 nombra de ses membres lui permettra de s'exposer au grand jour, et tout membre d'une Assemblée traYaillant ouYertement qui visitera une autre Assemblée fonctionnant secrètement devra se conformer aux règlements de cette dernière. L'Ordre fait remonter son origine à l'association des coupeurs de vêtements de Philadelphie, dont les membres, en l8G!l, ayant eu l'expérience des hauts et des bas qui accompagnent ordinairement les sociétés de ce genre, sentirent la néceRKitéd'organiser leur,i métiers plus complètement. L"Ordre deR Chenli<>rs était devenu une nécessité; seules jusqu'alors, les Trades-Unions avaient groupé les ouvriers mais elles ne A'occupaient paRdes intérêts de la masse, envisageant seulement les questions se rattachant à leurs propres métierti. Il fallait une société prête à étudier les intérêts généraux des ouvriers et de l'humanité. Le :2linovembre, un Comité fut nommé pour préparer un plan de réorganiKation et deux semaines après, il jetait les bases de la nou Yelle Rociété, dont les pramiers membres furent James ,Vright, Robert :\lacauley, Joseph Rennedy, "William Cook, Uriah Stephens, etc., en tout dix membres. Le :28décembre 18li!l ils adoptaient le nom de Chevaliers du Tmvail, ain~i qu'une organü;ation secrète. Des réunions hehdomaclaireK furent établiefl et, à la fin de la première ann<'.•el,a nouvelle HOciMécomptait soixante-neuf m(;mbres en règle. Bientôt les ounieril des autres métier;, furent initiés à titre de membres temporaires ; on ne leur donnait point le droit de vote et on n'exigeait d'eux aucune cotisation, ce qui était une mesure très habile pour les familiariser avec les procédés do l'assemblée, afin qu'ils puissent établir leurs propres métiers sur le même modèle. A. la fin de 18i3, la société se composait déjà (le vingt assemblées locales et en décembre 18ï± de trois cent deux assemblées répandues dans tous les Etats de l'Union Améric-aine. Eu 18i8 la force de la société était telle qu'elle n'avait plus rien à craindre sur ses ennemis. C'est à cette époque qu'Uriah Stephcns, pour des motifs de convenance personnelle et parfaitement honorables donna sa démission et abandonna la direction au grand maître -ouvrier actuel de l'Or·dre, Terence Powderly. Cette retraite était surtout motivée par ce fait que l'Ordrti était arrivé à se développer sui vaut les principes différents de ceux que son fondateur avait indiqués. En effet, Stephens avait en vue la création d'une organisation dont le but serait plus élevé que celui de la simple question des salaires, il voulait une société basée sur la fraternité et dont le principe fondamental serait l'association du travail et la coopération, c'est-à-dire la suppression de la concurrence et de la rivalité entre les travailleurs. Son

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