38 LA REVUE SOCIALISTE premier but avait été l'éducation des membres des assemblées locales, dont il voulait faire des écoles de travailleurs d'ou devait sortir l'union de toutes les branches de travail honorable afin d'arriver à la création d'associations coopératives ; dans son idée, l'a~sernblée locale de,ait être le centre de la p·oduction, l'assemhlée de district le centre de distribution, ainsi que le corps chargé de la suneillance générale de !'Ordre. Les p1-.:•miersChevaliers du Travail avaient accueilli avec enthonsiasme ces principes et s'étaient efforcés de les propager; <'Il même temps, ils avaient mis également it l'essai de nombreux plan~ <lernnt faciliter l'achat des denrées aux Chevaliers en prenant des arrangements avec les producteurs, mais avant qn'aucun progrès réel ait pu être fait dans cette direction, le monde industriel fut bouleversé par la désastreuse panique de 18ï3 et des années suivantes, amenant un état de choses qui fit passer les questions de salaires et de travail avant tonte autre. C'était une période très peu favorable à l'application des plans de Stéphens, attendu que pendant cette époque néfaste les salaires furent constamment rédnits, ce qui causa de nombreuses grèves et augmenta le chiffre des Chevaliers du Travail. Les nouveaux venus espéraient que l'association les aiderait à lutter, et leur attente ne fut pas complètement déçue. Cette question des salaires éclipsa toute autre préoccupation dans l'esprit de la majorité ùes membres et eut une influence prépondérante sur la politique adoptée plus tard pai· !'Ordre, politique qui conduisit à la constitution de l'assemblée générale, décidée en janvier 1878 à Reading (Pensylvanie),' après une agitation de plusieurs années. Au lien de limiter les pouvoirs de ce corps supérieur au droit d'appel, on lni donnait une juridiction absolue et finale, avec la liberté de taxer les membres ponr son entretien. La politique de !'Ordre est du reste parfaitement définie par la clause suivante établissant un fonds de grève et de résistance : « Ce dernier sera foripé de la manière suivante : chaque assemblée locale devra placer comme fonds spécial, tous les mois une somme égale à cinq sous p'lr chaque membre inscrit sur les livres, lequel capital s'accumulera et restera intact pendant l'espace de deux ans à partir du l•• janvier 1878. Après ce temps il sera mis à la disposition de l'assemblée générale qui l'emploiera et le distribuera suivant les lois et règlements qu'elle pourra adopter. » Cette clause fut rapporté deux ans plus tard,mais en 1885 on la rétablit en spécifiant que ce serait un fonds de résistance placé sous le contrôle de l'assemblée de district. Les résultats de la grande grève de 1886 furent tels qu'un grand nombre de membres pensè-
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