LA REVUE SOCIALISTE « plus dt' boue posRible. Si on en pouvait couvrir les TrappistPs, ,, les Hœur·R de charité•, quelle jouissance !... Sont-ce des préoccu- « pations de cl'!te nature qui ont empêché la RfVW' 8ociali.~l1• de <1: tirer du Panama la grande leçon qui ,;'en dégage? » Expliquons-nous : La H1•1·11s1o•l'ialislf n'a jamais été le moniteur des scandales cléricaux. Elle n'a jamaiR compté de Léo Taxi! dans ses rangs. CerteR, nous l\•nons en médiocre estime l'ascétisme. Le renoncement nous paraît une vertu sti-rile et nous le condamnons, parce quo nom; le considérons comme antisocial. Do h\ à Je combattre en couvrant dt> berne ceux qui le pratiquent, il y a loin. Rien, dans l'articlP ,h, )la Ion ni dans le mien, ne permet de dire que nous a\'ons poussé ,\ ce point l'oubli du respect <l'autrui et de nous-mêmes. Les sœu1-,;de charité et les Trappistes n'ont rien à voir dans nos appréciations sur le rôle du clergé et des catholil1ues dans l'affaire du Panama. Xous avons dit que les catholiques n'ont riPn à envier aux républicains en fait do corruption, voilà tout. Les listt•Hde subventions à, la presse montrent que nous avions r·,üson, car pas mal de journaux religieux y figurent pour des sommes importantes .. J'ai cité•,clans Lfs Co111plicitésdn Pcuw11,a, les panégyriques ùe )I. de Le:;seps, faits par des évêques et mémo par Monseigneur Rotelli, nonce du Pape. l\fais si tous ces f-lits ne suffisent pas à )I. Xogues pour lui prouver que le catholicisme se livre aux pratiques financières de notre époque, noui:; pourrons rapprler plus d'une autre affaire aussi scanùaleuse que qelle du Panama, ùans laquelle les opinions religieuses de leurs auteurs n'ont pas précisément moralisé leurs opérations. A quoi bon? Aussi bien la question n'est pas lit. )f. Xogues et, ses collahorateur.1:1flétrissent, avec une énergie louable, à laquelle nous rendons hommage, les débordements de la finance contemporaine. )lais représentent-ils l'état d'esprit de leurs coreligionnaires? .Je ne i;aurai;; le croire, car si la religion catholique avait dÎI être un obstacle aux excès du capitalisme, celui-ci ne serait jamais né. La véritt\ c'est que les rédacteurs de l'A:w>dalion callwliqw• se sont placés sur un terrain où très peu de catholiques sont disposés à les suivre. Il y a vingt arn:;, )f. Nogues et ses amis auraient Hé excommuniés. Le pauvre Cheret, le collaborateur de Proudhon, auteur du Der11it'r mot dll .~ociali.~me par wi catholiq1œ, en sait quelque chose. Le catholicisme a si peu rompu, d'ailleurs, avec leRpratiques de la finance, qu'il y a à peine dix ans, il s'effor~·ait de créer une banque de l'Eglise, opposée aux intérêts de la banque juive : la banquo de M. Bontoux. J'ai raconté, dans La 1•érithur le.~ cltmiin~ de fer serbe.~, une des opérations de cette
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