t f REVUE DES REY üES R57 <:~rité que nous ne révoquons pas en doute, qu'à ses yeux la monarchie ne constitue pas une sauvegarde éYidente de la probité publique. Et, en effet, il serait difücile (j'entends pour des gens sérieux comme notre contradicteur, car les journaux conserYateurs ne se font pas faute de rapprochements saugrenus) - il serait difficile, dis-je, d'opposer la monarchie ,'t la République, à l'heure où i:;eproduisent, en Italie et en Allemagne, les révélations que l'on sait. :\fais pourquoi, ajoute-t-il, « s'cnfiammer, au sujet de ce qui n'est, à tout prendre, que l'étiquette d'un sac dont le contenu, pour :\L Malon comme pour nous, ne vaut pas grand chose ~ l> Parce que si notre confrère fait bon marclié des distinctions politiques, il n'en est pas de même de nous. A nos yeux, les institutions républicaines sont la seule base sur hu1uelle puissent s'éclifier les réformes économiques qui doivent mettre un terme aux actes de corruption comme ceux du Panama. Pour nous, le progrès social est inséparable du progrès politi<1ue. Une réaction monarchique entraînerait, fatalement, à notre sen;;, une régression sociale COJTespondante; - avec une forme gonYernemcntale plus imparfaite que la forme républicaine actuelle, les vices que l\I. Xogues doplore comme nous ne feraient qu'empirer. Or, cc qu'on vise, dans la campagne menée à la Chambre et dans la presse royaliste, ce sont nos institutions. Xous les croyons nécessaires au progrès social que nous pour,:mivons. Xous les avons cléfenùues à la fois contre l'hypocrisie conservatrice et contre ht vénalité républicaine. Ce faisant, nous sommes, notre rédacteur en chef et nous, restés fidèles à la ligne maîtresse de conduite que )Jalon a toujours imprimé à cette revue. Dès janvier 1885, )falon, dans son article initial, déclarait qu'il ne séparait pas l'avenir du sociali»me, du développement et de la prospé1·ité de la République. Xous continuons, en 18!rn, à associer tous les deux dans les préoccupations que font naître les événements de ces derniers mois. Mais il est un autre grief, qui, pour ~L ~ ogues, est bien pl us grave encore ·que ceux exposés plus haut. - « M. Rouanet nous « apprend, dit-il, que les catholiques n'ont rien. à envier, en fait << de corruption, au parti républicain. Pour appuyer cette asser- « tion, il cite à l'appui un passage de Drumont visant l'abbé Fré- " mont ... M Rouanet nous avait habitué à un raisonnement plus « serré ... Ce qui obsède :\fM. Rouanet et Malon, c'est qu'il y a des « gens qui croient. Voilà la grande, l'éternelle division. Le défaut « de foi, qui à notre sentiment explique et excuse bien des fai- « blesses, engendre une sorte de haine, illogique au premier chef, « au nom de laquelle on voudrait détourner sur le catholique le
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==