356 LA REVUE SOCIALISTE naux ont émargé à la caisse de M. Fontane. Cela ne suffit-il pas pour mettre le parti royaliste, en bloc, dans le même sac que ceux des républicains, proportionnellement moins nombreux que les conservateurs ayant prêté leur concours à l'œuvre d'escroquerie de M. de Lesseps? Les hommes de la droite arguent aujourd'hui de leur ignorance. Ils ignoraient, disent-ils, dans quelles conditions l'entreprise se présentait. Ils la croyaient sérieuse, honnêtement gérée. L'excuse n'en est pas une, j'en appelle au témoignage de Drumont qui, dès 1890, prévoyait les circonstances atténuantes qui seraient invoquées par la droite, quand le pot-aux-roses - ou les pots de vin - serait découvert. J'affirme, comme l'a très bien fait remarquer l'auteur de la France Juit'e dans la Dernièn Bataille, qu'il suffisait d'écouter et de peser les accusations formulées à la tribune par MM. Goiraud et Rondeleux contre la gestion de la Compagnie, pour être fixé sur l'avenir des capitaux que le vote de la Droite engagea. :i\fais la Droite n'a pas que soutenu l'émission des valeurr,-à-lots. Plus tard, en décembre 1888, quand le gouvernement de M. Floquet eut la faiblesse de demander· une proroga~ion des échéances, appuyée par Rouvier, qui clones'associa à ce dernier, qui donc mit dans l'urne le bulletin sollicité par ~DL Floquet et Rouvier en faveur de la Compagnie - je précise, à la date du 1-! décembre 1888, au lendemain de la dernière émission qui échoua et sur l'échec de laquelle les administrateurs de la Compagnie Interocéanique eurent l'iufamie de faire un dernier coup de bourse, dénoncé le lendemain par Goirand? En juin 1889, encore, sept mois après, qui donc s'associa de nouveau à M. Rouvier, pour mettre à la charge des malheureux actionnaires et obligataires un emprunt de 34 millions? Qui donc, alors, refusa d'écouter les plaintes des porteurs de titres accusant la gestion du Conseil et l'administration de M. Brunet? Qui clone poussa l'ironie amère de· répondre aux porteurs par l'éloge des entrepreneurs ? Sur quel banc siégeaient les députés de la Commission dont le • rapporteur célébrait le « dévouement des entrepreneurs» - le dévouement des Baratoux, des Eiffel, dos Artigues ? 11ssiégeaient à droite, toujours. Donc, )falon ne s'est pas trop avancé, en dénonçant la connivence des conservateurs avec les fauteurs du désastre panaméen. On ne saurait nier, sous peine de parti pris et de partialité la participation des monarchistes aux faits lamentables dont la divulgation est un scandale. Si M. "N ogues nous fait un reproche d'avoir obéi à des préoccupations politiques, en établissant les·complicités de la droite, ce n'est pas, précisément, qu'il soit adversaire systématique de la République. Il nous déclare, au contraire, avec un accent de sin-
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