REVUE DES REVUES 355 ~ otre rédacteur en chef ayant réclamé pour la Re1·11e/,'ocialiste, l\L Nogues en infère qu'il suspecte le désintéressement de tous ses confrères. Cette induction n'est pas fondée et nous pourrions plus légitimement accuser 11. Nogues d'avoir suspecté, sans motif plausible, les intentions de notre directeur. Quoi qu'il en soit, notre cher ami, à l'heure où nous écriYons ces lignes, est cloué snr son lit par la maladie; nous sommes certain, sans avoir à le consulter sur ce point, que M. Xogues s'est mépris entièrement sur le sens et la portée de sa protestation. Il n'est pas dans la nature loyale et optimiste de Malon de croire à l'improbité de ses adversaires. Il a déclaré que la Re1w' Socialiste ne pouvait être assimilée à celles qui ont reçu des subventions de la Société du Panama, voilà tout. 1\Iais c·est là un grief secondaire, je pense, aux yeux de ~I. Xogues. Il en est un antre, d'ordre plus général, qui lui tient plus à cœur, et qu'il formule à la fois - dans des termes courtois comme toujours - contre Malon et contre moi : ce qu'il nous repro~he surtout à tous deux, en effet, c'est d'avoir manifesté des préoccupations politiques dans notre appréciation des scandales financier,, à l'or<ll'e du jour: <l'avoir essayé de dégager la République des manœuvres condanmables commises sous un gouver11ement d'Miquette républicaine: d'avoir dit que les monarchistes s'étaient montrés aussi« àpres à la curée ll que les républicains; <l'avoir« feint de croire» que le clergé lui-m(•me ne serait pas resté insensible à l'appàt des bénéfices qui se réalisaient autour <lescoffresforts de ;iL\f. de Lesseps - bref, pour tout dire, de n'avoir pas « tiré du Panama la grande lPçon qui s'en dégage, en retraçant le rôle exhorbitant du Juif dans notre société contemporaine ». J\ous avons le de.-oir de nous expliquer sur les di vers points abordés par l\I. Xognes dans sa critique. Aussi bien, ce sera pour nous une occasion <le préciser théoriquement une attitude que nous pouvons considérer comme irréprochable et d'une netteté parfaite, les appréciations formulées par la Rei-ue Sol'ialisfr étant dictées par l'unique souci de tirer la véritable le<·onque contiennent des évènements comme ceux du Panama. - « Pourquoi, demande l\f. Nogues, Jialon s'écrie-t-il que les toucheurs àe chèques sont peut-être plus nombreux du côté des monarchistes? Qu'en sait-il?» ~falon sait des députés monarchistes ce qu'il a été donné à tout le monde d'en savoir, pour peu qu'on ait suivi a.-ec quelque attention les diverses phases de l'affaire. Il sait que les conservateurs ont patronné le Panama; qu'ils l'ont protégé ouYertement; qu'ils ont voté l'émission des valeurs à lots; qu'ils ont to~t fait pour couvrir les responsabilités des administrateurs; que leurs jour-
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