• LA REVUE SOCIALISTE la paire de ~haussures à 19 fr. Il en est résulté que les petits commerçants ne se sont plus adressés à la maison do production, mais aux grands intermédiaires. De cette façon, on a monopolisé le commerce, on a forcé les autres industriels de la rcgion à abaisser également leurs tarifs et alors c'est la main-d'œuvre qui a cté touchce, c'est le salaire de l'ouvrier qui a été diminué. Quand ces faits se produisent. c'est la grève à brève échéance. J'ai ou moimême à en diriger une qui s'était produite précisément dans une importante maison de chaussures, et j'ai vu de près ce qui s'était passé. Quand une fabrique s'est liée ainsi à l'un des grnnds magasins: quand, par suite de la concu1Tence établie, toutes les industries similaires ont dù ellesmêmes adopter le tarif minimum, le grand magasin exige une nouvelle détaxe et l'obtient; car si son fabricant rompait l'ancien traité et ne consentait pas une diminution nouvelle pour le renouvellement, la commande passerait au voi,in. et la maison qui, escomptant la situation précédente, a négligé de visiter sa clientèle ancienne et a rappelé ses voyageurs serait pe,- due. Reprendre le vieil essor est devenu impossible; Il faut donc succoml>er ou passer par le,; exigences dtl l'accapareur. C'est ainsi que , égulièrcment, progressivement vous arrivez à limiter, à diminuer, non pas seulement la main-d'œuvre, les salaires les bénéfices des producteurs. des ouvriers, mais encore fatalement la bonne qualité de la marchandises. On ne peut plus la fournir dans les conditions antérieures avec des prix qui deviennent védtablement dérisoires. Par conséquent, l'industrie souffre. Ce que je dis de la cordonnerie, ce que je vous ai dit de l'ameublement, de la bonneterie, je pourrais le répéter pour toutes.les autres industries. L'inévitable Yves Guyot, toujours présent quand il y a une mauvaise cause à défendre, n'avait pas manqué de protester contre les criLiques adressées aux grands magasins. Il avait prétendu que ces grands halls commerciaux ne nuisent point au commerce en général puisque le nombre des patentables ne fait qu'augmenter. :Naquet lui répondit justement de sa place : « Yous ne tenez pas compte de la population. , - Yoici les chiffres cités à l'appui par l'apôtre du divorce : « En effet, si on lient compte de la population de Paris qui, en 1873, était de 2 millions 220,000 habitants et qui, ù l'époque où 011 a fait le dernier recensement des patentables, a atteint 2.010,000 habitants, on trouve qu'à l'époque antérieure le r.hiffre relalif des patentables était de 1 sur 197. tandis qu'il est aujourd'hui de 1 sur 250. En d'autres termes, si on ne tient pas compte de l'augmentation de la population, si on prend des chiffres absolus au lieu de prendre des chiffres relatifs, qui sont seuls vrais en matière économique et sociale, le nombre des patentables n'a pas cessé d'augmenter; mais si on prend les chiffres relatifs, on s'aperçoit qu'il etdiminué de 26 p. 100. ,> Mais le tenace Yves Guyot ne se tint pas pour battu. Il répondit : « Les commerçants font peut-être un chiffre d'affaires supérieur.» A cette affirmation, M. Terrier a irréfutablement
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