350 LA REVUE SOCIALISTE L;, discussion a continué par les brillants discours de M.\1. Deschanel et Piou qui ont exposé l'un les idées du centre gauche, l'autre celles de la droite constitutionnelle. En définitive la priorité de l'autorité de l'ordre du jour Millerand, Jaurès, numay, etc. a été repoussé par ï3 voix contre 311. i'ious devons signaler un fait qui intéresse au plus haut point les syndicats ouvriers, c'est la publication dans le numéro du 19 féHier 1803 de la circulaire du ministre de la Justice relati vc à tapplimtirm <If• la loi d1127 décembr,, 1892 s11r llt conciliation et l'arbitmrr f'II 11irttièredf dijJfrends tollf'c/i.fs entrf pat;·on8 f'l ou- • aif,r8 et 1'lll/1loyé,;. Les bourses du travail et les syndicats auraient, croyons-nous, un sérieux intérêt à étudier cette circulaire. Dans le cours de la discuss10n du budget, la Chambre des députés a longuement dis,mté les modifications à apporter à l'impôt des patentes. ?fous ne pouvons pas entrer dans ces détaùs d'un ordre trop technique, mais comme il a été souvent question des grands magasins et de leurs méfaits, nous croyons utile de nous arrêter quelque peu sur cc mode particulier de l'accaparement du commerce par les gros capitaux et de l'expropriation de la classe moyenne. C'est là un phénomène économique fatal tenant à la nature même de notre orgauisation sociale et nous ne croyons pas que les plus ingénieuses des mesures législatives changeront quelq uc chose à cc qui est le cours normal des choses, en rt'.•gimccapitaliste. Le discours lrès étudié et très sérieux de .\f.Le Yeillé contient quelques renseignements assez précieux. Pour échapper à la loi des pat entes. les grands magasins dissimulent une partie de leur personnel, sous le nom d'ouvrières employées ct·une façon intermittente, d'ap1·ès ce qu'ils disent, no:i pas à la vente mais à d'autres travaux. Et voici comment on les traite: La loi du .trarnil porte qu'on ne doit pas demander aux forces humaines tin trop long service, un trop grand effort. Ces deux cents personnes dont je viens de vous signaler l'emploi double ont droit le matin au déjeuner du Bon March~. li est vrai que, sur leur traitement, on leur retient 75 centimes; mais, le soi,·. elles n'ont droit à rien. Leu,· service se termine parfois à neuf ou dix heures du soir, et c'est l'estomac completement vide qu'elles doivent jusque-là fournir leur travail. Elles ont donc pour tout souti~n, pris dans la jouruée, un repas fort modeste, et c'est avec c;ela qu·on les renvoie après une journée de fa1igue excessive, de station perpétuelle debout, chercher un peu de réconfort c-hez elles sui· les dix heures du soir. N'y a-t-il pas quelque chose à faii-e contre un pareil abus~ Plus loin, M. Le Veillé montre qne, par le renouvellement rapide des affaires, le même capital. dans les grands magasins,
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