LA QUESTIO~ SOCIALE DEYAXT LES CORPS };LUS 349 possède rien, tandis que la classe qui ne travaille pas possé<le toute la richesse sociale et gouveme la nation économiquement et politiquement. Eh bien. tant que vous n'aurez pas supprimé le vol patronal, tant que vous n'aurez pas aboli le salariat, vous ne pouvez fl'apper et abattre la finance : elle demeurern toujours votre maitresse. Aussi, bien que me ralliant à la proposition de i\I. hlillerand, je n'hésite pas à dire à notre collègue qu'elle est insuOisante, qu'il importe non-seulement de s'attaquer à la haute l:lauque mais enco,·e de se préparer à combattre l'exploitation de la classe ou,·rière. Ce n·est qu~ lorsque vous aurez aboli le patronat, que lorsque ,·ous aurez restitué aux ou\Tie1·s de France tout l'outillage industriel qu'ils ont créé, ce n'c,;t que lcrsque vous leui· aurez rendu tout Je capital monétaire que vous parvien<lre1. à dompter la haute banque 1 (Mouvements dive,·s). Le citoyen Dumay, le méritant d6puté de Belleville, CC' prolétaire intellig-ent et courageux qui a su se faire une place dans le milieu parlementaire à force de solide bon sens et de saine raison, a d{•veloppé e~ termes très heureux cetLe idée : Le parti radical devrait se rallier à l'ordre du jour de Millerand, qui représente le minimum immédiatement applicable du pl'Ogramme socialiste. Si le parti radical ne rajeunit pas ses charmes quelque peu flétris en se trempant dans les sources vivifiantes du socialisme, il risque fort de perdre toute influence et tonte ·autorité. Birn que l'ordre du jour de M. Mil)erand ne soit pas de nature à nous donner complète ~atisfaction, bien qu'il ne renferme que les grandes lignes de notre gran,l principe de sorialisation des instruments de frayai!, nous nous y rallions, et nous pensons que le parti qui, jusqu'A present a porté le nom de radical de\'rait, romme l'a si bien dit :ir. Millerand, passer au socialisme. (T,·ès bien' tl'ès bien! à l'extrtmc gauche). li ne faut pas oublier qu'en 1889, lorsque la République a couru un danger, ce sont les ëlecteurs des radicaux qui sont alles au boulangisme et non ceux des opportunistes, parce que ceux là formaient l'avant-gat·de du corps électoral. lis étaient impatients : on leur avait trop promis et on ne leur arnit pas assez donné; ils se trompèrent une fois de plus. ;)Jais le mécontentement ,·a prendre une autre forme. Ce 4ui est rcst.\ des électeurs radicaux ira, aux prochaines lleclions, au srcialisme; le parti radical comptera très peu de 1·eprésentants dans la prochaine Chambre, il ne faut pas se le disssimuler. Il y aura, quoi que vous fassiez, la conjonction des rentres, qui ,·ous préoccupe aujourd'hui; elle se fera malgré vous et coutre vous et, de l'autre côté, un grand nombre socialistes viendront siéger à l'extrême gauche. soyez~n certains. Il est donc de l'intérèt de tous les républicains d'avant-garde d'exécuter la faute qu'a faite le citoyen i\IiUerand, - et je l'en félicite, bien qu'on l'en ait blâmê, - de faire une manifestation socialiste en votant cet ordre du jour pour se compter et savoir combien il y a ici de députés qui ont oublié leur programme depuis 1889. Il y avait alors quarante-huit députés daus cette Chambre qui availmt mis dans leur programme: retour à la nation des mines, des chemins de fer et de toutes les propriétés nationales. Il faut espérer qu'ils se retrouveront aujou1·d'hui et que même leur nombre s'augmentera. Yoilà pourquoi je me rallie de mon côte à cet ordre du jour. (T1·ès bien! très bien I à l'extrême gauche.) /
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