LA QUES'l'IOX SOCIALE DEYAXT LES CORPH faus H-!7 Elevons-le assez haut pour que, d'un bout à l'autl'e de la France, tou~ ceux qui travaillent et qui peinent, tous les faibles, tous les petits, aussi bien le paysan cou1·ll6 SUI' la glèbe que l'ouvriel' rin 1 à la machine et que l'artisan au fond de son échope, aperçoivent, en levant les )eux, ce symbole de !"émancipation humaine, Groupons-nous autour de lui, et un programme commun à la main. marchons avec confiance à la bataille électorale; nous pourrons regarder en faœ et défier sans c1·ainte les entreprises et les attaques des institutions et des partis du passé. ('l't-ês bien! très bien! sur dive1·s ban<'s à gauche). Je vous demande la permission, comme conclusion et, j'ose le dire, comme résumé de ce discours, de déposer sur la tribune l'ordre clu jour suivant. pour lequel je demande la priol'ité. :11 Millerand. - " La Chambre, convaincue que le seul moyen rie mett1·c les institutions et les lois républi<"aines à l'abri des retours de la réaction et de réalise1· dans 1'01·d1·csocial comme dans l'ordre politique l<'s grandes réformes nticessaires par la révision dëmo<"ratique de la Constitution d~ ·I ï5, par la modification profonde, dans l'intérêt des travailleurs des villes et <tes champs, de notre législation économique et de notre système d'impôt et pat· la 1·eprise sur la haute finance des propriétés nationalPS qui sont la Banque de France, les mines et las chemins de fer, passe à l'ordre du jour. » (Applauùissements à l'extrême gauche), Notre ami Lafargue est intervenu lui aussi dans la discussion avec cette humour incisive que les lecteurs du Dr1Jit (1, /(1 P(/- re.fü' connaissent bien. l'\ous ne reproduirons. faute de- place-, qu'une partie de son remarquable discours, qui a justement fait entendre la note avancée, après les paroles i moJérées de ~lillerand: Oui, vous avez donne un magnifique spectacle à la nation avec le Panama! vous avez été d'aùmirnbles revolutionnail'cs; vous avei fait notre besogne mieux que nous n'eussions jamais pu la faire nous-mêmes pat· des années de propagande. Messieurs, il ne faudrait pas croire, ainsi que certaines gens. que le Panama soit une exception : ce serait une erreur absolue. Le panm,ti~mP, pour l'appeler par son nom, n'est pas un mal passager, il c~t au <'Ontraire l'état de santé de la classe capitaliste, non seulement de France. mais dè tous les 1m)•s. Les monarchies autocratiques, les monarchies constitutionnelles, comme les républiques fédérales ont leur Panama. Le Panama est le pain quotidien de la classe capitaliste, et tous les jours, le mal va grandissant. Il y a dei; membres dl-Jcette Chambre qui croient que c'est le régime rëpubli<"ain qui l'engeu<lre. Eh bien, non I tous les régimes en France ont eu leur Panama: c'est un mal endémique. La classe capitaliste, au siècle dernier, a commencé avec la banque du Mississipi, aujourd'hui elle continue avec le Panama. C'est au bord du golfe du Mexique que la bourgeoisie capitaliste de France fai, des banqueroutes gigantesques. L'éclosion de la finance moderne s'est faite sous J'empire; le lendemain même du coup d'état de d~cembre, le Crédit foncier, le Crédit mobilier sont nés et à leur tour ils ont donné naissance à ce pullulement d~ sociétés financières qui n'ont cessé de croitre et de semer des ruines dans le pays.Aujourd'hui, nous nous trouvons en présence d'une classe essentiellement nouvelle, toute puissante dans le pays. Cette classe est la classe finaucière, et sa puis-
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