La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA QUESTIO~ SOCIALE DEYAXT LES CORPS ÉLUS ;3,1:3 Macbeth, il n'effacera point. Quoique nos âmes soient plus volontiers portées à l'amour et à l'enthousiasme qu'à la haine, nous devons à la mémoire de nos morts, à la mémoire dès martyrs tombés la tète hautaine sous les fusillades bourgeoises, en m(\me temps que le culte pieux dù à ceux qui moururent pour le Bien et pour le Droit, l'implacable et veugcresse accusation coutre leurs assassins et leur race. La société bourgeoise a besoin. de temps à autre, de se rajeunir dans le sang. Ce misérable édifice ne se maintient qur, par des massacres réguliers qui reviennent tous les vingt-cinq ans environ. Comme le palais de Brhanzin à Aborne~·,elle a besoin, pour assurer sa solidité, d'une périodique moisson de corps humains, sans laquelle, profits, dividendes, intérèts, haute finance risqueraient de périt·. Aussi, trouvera-ton légitime que nous ayons le respect de nos morts et la haine de leurs bourreaux. Dans la discussion qui eut lieu cc jour-là, la plupart des orateurs, entre autres ~I. Cavaignac et M. Ribot, reconnurent h11utement l'influence abusive et corruptrice des puissances d'argent. C'est ce qui amena Jaurès à la tribune. Il débuta en félicitant ces Messieurs d'avoir apporté une criLique sur·ialis/1' de l'Etat actuel. M. Jaurès. - Je me félicite que c·e débat ait échappé aux tristesses des questions et des insinuations personnelles, pour s'élever à la hauteur d'une discussion <le politique générale. Je ne veux pas, je ne peux pas discuter les idées exprimées à cette tri1.muepar ~1. le président du conseil, par la raison très simple que je n'en ai pas bien saiei les directions essentielles (rires à droite et sur plusieu1·s bancs à gauche) et qu'il m'a même paru qu'on y peut relever certaines conti-adictiong. Gar, au moment même où, avec l'honorable M. Cavaignac. il réclamait la continuation jusqu'au bout ùe ce qu'on a appeM ici l'œu\'l'c de lumière, il paraissait qualifier de manœuvre une politique qui aurait dù trouver meilleur accueil à ses yeux, puisque c'est par son honorable ami qu'elle venait d'être formulée ici. (Très bien I à dl'oite). Je n'ai, polir moi, retenu qu'une chose : la double condamnation portée à la tribune, et par M. Cavaignac et par M. le président du conseil, contre l'influence abusive et coi·ruptrice de ces i,uissances d'a,·gent, dont notre raison d'être, à nous républicains socialistes, est de hdte,· la disvarition. M. François Deloncle. - Yoilà Carmaux venant au secours du Panama 1 (On l'it). M. Jaurès. - Oui, c'est ainsi que nous posons la question; car, ce n'est pas nous qui avons jeté des questions personnelles dans ce débat; ce n'est pas nous, républicains, qui pouvons voir avec joie l'atteinte portée à ceux qu avant nous ont lutté pour la République, mais nous voulons qu'une conclusion précise, politique et sociale se dégage du débat douloureux et poignant qui se d,froule devant le pays. M. Emmanuel Arêne. - JI y a sept ans, yous étiez centre gauche 1 (Mouvements divers). M. Jaur~s. - Vous, monsieur, qui m'interrompez ainsi, - je ne me

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