312 LA REVUE SOCIALISTE gC'reux, nous préparent de mauvaises élections générales. Il e<;t à craindre qu'on assimile trop facilement dans l'esprit des électeurs ignorants k nom de républicain et celui de tripoteurs. Il est à craindre que les questions de personne, comme en 1889, priment tout C't ne laissent point un calme suffisant pour la discussion des idées. C('S diverses influences pourraient amener une majorité hét(,roclite composée de gens sans idées et sans programme, unis sC'nlement par la haine et la vengeance, peu supérieurs moralement à l'ancien personnel congédié, recrutés en grande partie dans le centre gauche, la droïte coustitutionnelle et les débris du boulangisme. De ces gens-là on pourrait tout craindre, même de nouveaux scandales et surtout une politique de réaction, qui mettrait encore en discussion les rare!'. progrès politiques ou sociaux que le parti républicain gouvernemental, traitre à ses origines et à son programme, n'a pas pu ne pas accomplir pendant seize ans de pouvoir, Le 8 février a en lieu au sujet du ~anama, l'interpellation Goussot, dont voici le texte: - « Je demande à interpeller lo << gouvernement snr la question de savoir si, après épuisement • des juridictions ordinaires, aucun jugement n'ayant étô rendu, « il ne reste plus une sanction politique à donner aux mesures < dont ~I. le Garde des Sceaux avait pris lïnitiative à l'égard « de dix membres du Parlement ». - Nous n'aurions point signalé cette séance, si elle n'avait été marquée par deux incidents remarquables : d'abord la réappat'itien à la tribune de notre ami Jaurès, qui a quitté sa chaire de philosophie à la Faculté des lettres de Toulouse pour remplir le mandat que les vaillants de Carmaux lui ont confié. Nous reproduisons plus loin son éloquent discours. Et ensuite, par le discours de M. Cavaignac, dont l'affichage a été voté par la Chambre. Ce dernier évènement ne prouverait pas grand chose, sinon qu'il est plus facile d'applaudir des déclarations vertueuses que de les mettre en pratique, si on n'avait donné à cette Rortie une autre signification politique. M. Cavaignac aurait été, dit-on, l'organe du centre gauche prèt à agir et à s'unir avec la droite constitutionnelle. M. Cavaignaoaurait également, au moyen de cette bruyante intervention, posé sa candidature à la présidencl.' de la République. Nous ne savons point ce qu'il y a de vrai dans ces bruits. Mais si M. Cavaignac ambitionne cette haute fonction, nous pouvons prédire déjà au fils du massacreur de juin 1848 l'opposition acharnée et irréconciliable de tout ce qui a, en France, un cœur socialiste. Cet homme porte un nom abhorré de la démocratie, et rien pour nous n'enlèvera la tache de sang que, nouveau
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