LA QUESTION SOCIALE DEY ANT LES CORPS ÉLUS ::141 LAQUESTIOSNOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS La fameuse question du Panama continue à absorber toutes les préoccupations. Après le coup de théàtre de la demande en autorisations de poursuites, on aurait pu croire que le gouvernement était décidé à sévir avec la plus grande rigueur et à nettoyer à fond l'écurie parlementaire et la caverne où tripotent les financiers internationaux. Mais ce beau zèle s'est refroidi. On assiste depuis quelque temps à une tentative faite pour étouffor l'affaire et pour détourner sur d'autres objets les préoccupations du public. Evidemment on veut sauver quelques unes des tètes de cet hybride parti opportuno-radical qui, sous l'étiquette de la conceutration républicaine, gouverne depuis huit ou neuf ans, sans idées, sans programme, sans vues générales, se contentant, en fait de visées directrices, de pratiquer entre les diverses fractions du parti républicain un équitable partage des bureaux de tabac et autres menues faveurs. Nous croyons que ce calcul est très faux. Comme dit Roua!let dans son excellent ouvrage sur le Panama« le vin du scandale est tiré, il faut le boire». On ne veut pas vider aujourd'hui la coupe jusqu'à la lie. Prenons-garde, c'est à la veille mème des élections que les révélations retentis5antes vont recommencer : à ce moment, on va exhiber les documents véridiques ou mensongers qui accuseront certains hommes, à qui il sera impossible ou difficile de se justifier, au milieu de la tourmente des partis. Les soupçons continuent à peser sur beaucoup. L'orage gronde encore; le ciel n'est point éclairci. Les hésitations ou les complicités du pouvoir, en retardant le dernier effort de la tourmente, cn ne liquidant pas à fond ce passé dan-
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