J. DE STRAD.A. déchitTrer, ou nous lisons à peine une suite de pensée identiqu<', tout concourt à glorifier le Progrès; - du bas de l'échell<' at1 degré que va couronner l'œuvre suprême de Dieu, !"hymne de création monte ininterrompu. ~ous seuls, nous, les Hommes, méconnaissons la grande loi d'amour et d'épanouissement intégral et continu ... Nous sommes, seuls, les négateurs, les incomprcnants, les tueurs ... Et nous devrions rougir ... Mais cette science immense n'est pas seulemC'nt le savoir, la foi, la grandeur dïmages, la force de concept; C'llcest aussi, à l'égal de toutes, et supérieure à beaucoup, servie par un talent remarquable d'artiste. Les vers qui chantent la Transformation des cho es et des ~tres ne sont point des vers vulgaires. Strada n·est pas uniquement occupé à développer le thème qu'il s·est imposé. li a voulu rPndre attrayante cette Science de l'Humanité quïl a renonvelée, en l'établissant sur des bases irréductibles et rigoureusement contrôlée~; aussi, on a pu juger par les fragments cil<'.•s,la langue qui sert à !"écrivain pour exprimer se:; grandioses pensées; si elle est une langue savante, elle est également littéraire, et combien forte, et combien vibrante et combien neuYc ! surtout daus la Genèse. Le vers de Strada ne ressemble pa autant que ront dit certains - trop rares - de ceux qui se sont occupés de lui, au vers romantique. Il n·a pas cet échevèlement, cette surcharge d·épilhètes ronflantes, creuses souvent, coutumiers aux fils littérairrs de Chilteaubriand et de Yictor Ilugo. Et, ù cc reproche de romantisme et d'anti-modernismc qu'on lui faisait et que j'avoue humblement avoir fait moi-même, Strada répondit dans une lettre ù moi adr<'ssée et demeurée inédite, les lignes suivantes: - « Vous croyez, mon cher ami, que mon vers serait mcil- " leur étant plus moderne; mon vers est plus indépendant que « ceux de tons les versificateurs. Ils n'ont que celui de la des- " cription; je cherche celui de la pensé<', de l'àme, ùe la pre11vr, " tout aussi bien que ceux du récit, de la description et du « drame . .\Ion vers a toutes les formes, puisqu'il e t le vers de « l'Idée. Yu ainsi, peut-ètre Yous paraitra-t-il plus nouveau " encore que les plus nouveaux qui sont, au fond, du roman- « tisme condensé, ou alambiqué ou chargé de grâces. » Et comme il a raison !. . . je les ai relus, ces splendides poèmes; je les ai médités; j'ai comparé le fond et la forme qui le vêtissait, qui le rendait apte à être compris. Eh! bien, je connais peu d'écrivains qui se soient asservi une langue anssi adéquate au sujet qu'ils voulaient exposer; j'en connais peu qui la manient - notre riche et magnifiquement colorée langue
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