338 LA REVUE SOCIALISTE acquise qu'à grossir et à étendre son domain'e de jouissances basses; l'idée ne lui est pas venue -ou si peu- qu'il doit exister d'autres moyens de bonheur que ceux préconisés par de Moltke, le grand renégat, le farouche traitre au pays qui l'avait sevré; il ignore la Vie et perfectionne seulement la Destruction; il rase les Hommes et s'effare devant la voix des Eléments; tout l'étonne, et, alors qu'il n'a presque rien appris, il déclare, infatué et ridicule, que la .vie va s'éteindre, que la terre est vieille, qu'il ll'y a plus moyen de vivre sur ses fiancs pelés et inféconds ... il chante la guerre comme devant faciliter l'existence aux vainqueurs ... Ignorants! Ignorants! ... La Terre est presque neuve encore. Travaille, homme, à la rendre habitable; les temps ne sont plus où il fallait te courber dovant la nature déchaînée en ses forces: la scienc.i balbutie a peine et déjà les prodiges accomplis devraient te forcer à étendre sa pacifique et fécondante domination ; c'est Elle, la Souveraine ~1aitresse de !'Avenir; c'est Elle qui domptera tout'; c'est par Elle que tu arriveras à être véritablement le possesseur de ce monde où tu vins, il y a des milliers de siècles, pauvre et nu, livré aux grands fauves, aux forces terribles et dévastatrices, mais régénératrices des époques primitives. Si le monde physique s'est régularisé, si les élémc11tsmêmes, obéissant à l'inéluctable loi de l'amélioration progressive qui régit tout, se so11t assouplis, pourquoi donc, toi, Hoinme, la force Suprême, toi qui es le siège de lïntellcclualité pensante et agissante, ne grandirnis-tu point!. .. Travaille, travaille et instruis-toi ... Tout au long <leses livres, Strada enseigne l'espoir, je l'ai dit; chacun des vers issu de son cerveau puissant chante et glorifie_la nature, et la montre non aveugle, ainsi qu'on le croyait, mais obéissante et soumise à des lois strictes et immuables dont la connaissance toujours plus grande. établira ù jamais et mieux èhaque jo1ir, la suprématie de l'Homme, lié, lui-même, par tout cc qui le compose physiquement et intellectuc!lcment au grand Tout. Ces Fot·ccs, ces Lois, nommez-les chacune à votre manière, et dans l'idiome qui vous conviendra le mieux. Ployez le geuon devant Dieu, devant la Providence, devant le Hasard, devant le Destin, <levant la Pensée Immanente et la Souveraine .Justice, il n'importe ... mais ne niez pas! ne niez plus!... vous vous ravaleriez plus bas que la brute rampante, plus bas que lo zoophyte, plus bas que l'algue qui traîne ses folioles gélatineuses daus les sombreurs glauques des eaux océaniques, plus :ias·que le bacille, plus bas que la matière quasi inerte, plus bas que tout!... Car, dans cette nature où nous commençons à
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==