La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

J. DE STRADA 337 !ènrer à l"étalon mesquin de nos petitesses et de nos veuleries. c·est là, aussi, comme ailleurs, qu'il faut dire- penser surtout! - sursuni corda! ... VII J'arrive à la conclusion de cette étude qui aurait mérité un plus savant. et surtout un plus érndit. Mais ce qui atténuera, .ï esp~re, quelque peu la portée de la jactance et de l'audace que j'ai eues, - infime barbouilleur de papier - de nùttacher à l'œnvre que je considère comme la plus colossale des temps modernes. c·est l'absolue boun1; foi, la franchise enthousiaste, avec lc:squelles je me suis attelé à une besogne que d'aucuns considèreront peut-être comme étant beaucouJ) au-dessus de mes forces. Que) veut-on? ... La jeunesse est présomptueuse, et, bien que de nombreux fils blancs conrent dans ma barbe, bien que mon chef soit. hélas! pr{\cocement che11u,je suis jeune- je me sens jeune, vraim<'nt ! ... Et je suis heureux de conserver des illusions qui deviennent trop :r:ares, aujourd'hui. On ne croit plus; on ne s'emballe plus pour une idée. pour un livre, pour un théàtre. L'indifférence prend peu à peu possession de nous tous. - Et c'est là un grave indice; si j'étai::; moins naïf et moins convaincu de la virilité de notre fière race gauloise dn l\Iidi, et dn bel avenir qui l'attend, je dirais que ce désintéressement des belles et grandes choses, que le peu d'émotion qu'amènent en nous l'affirmation d'un talent neuf, ou la publication d'un beau livre, sont le commencement de la fin. l\fais non! nous vivons! Et nous prouverons notre Yi ta lité, notre foi, en tra\"aillant à l'épanouissement, à la f!.itfusionde l'œuvre que j'ai analysée, trop longu_ement, peut-être, incomplètement encore. Elle est, devrait être, me semble-t-il, le phare dirigeant nos pas dans la mêlée tumultueuse oti. nous nous débattons; car cette œuvre porte en elle une haute et profonde pensée, une rectitude logique de jugement que l'on ne rencontre pas toujours dans les livres des pl us savants penseurs et des meilleurs artistes que l'hnmauité s'est habit,uée - avec raison - à considérer et à honorer comme des bienfaiteurs. De cette œuvre immense se dégage l'espoir en l'avenir de l'Humanité, un espoir sans bornes et profond comme les temps qui nous restent à vivre. La terre, crevassée et inféconde, est à peine connue; l'empirisme y règne sur toutes ses faces ; l'homme n'a trouvé encore qu'à exploiter son semblable malheureux ou plus faible ; il ne cherche à consacrer le peu de science 22

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