La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

J. DE ~'l'RADA pêcher de faire connaitre encore quelques-unes cles idées que m'inspire la centralisation grandissante qui déYore le nwilleur de nos cœurs et d<- nos cerveaux. Crci, d'ailleurs, ne rn"éloignrra point trop de mon sujrt et frra ressortir plus, si possible>, l'opink,n de Strada sur l'ab ·olue nécessité de la Fédération. ='ious avons, incontestablement, en France, à l'heure ou nons sommes, une admirable floraison d'intelligences qui lravaillrnt <lans ton les les branches du saYoir ouYrrtes à l'entendement humain. Quoi qu'en disent les <létracleursde notre œuvre, admiratifs trop passionnés et peut-être exclusifs d'une époque ayant eu ses gl:>ires cl rendu de· ~f:nices incontesté , la deuxième moitié dr notre sii•cle marqurra dans les Trmps. Des écoles no•rvellrs ont renouYelé notre littérature qui ag-onisait de pl<'.ithorc romantique. L't•crh·ai 1 1 n·rst plus seulement un imaginatif fantaisiste, tirant tout de ~on propre fonds, 1111 brodrur de phrases chantantes et colort'.•es; il est dc,·ru un sachant. Les ru<lrsses<le,,é•tudc'i ,-;ciC'ntifl1ues!le le rebutent plus; il a creusé, la plume 011 guise de scalpel et pour guide, l'analyse, patiem1upnl, les sensation' de l'àme, du cœur et du corps humain; il a fait mouvoir l('Sfoules, remué et noté le. impressions c<-llecth·es <lesmasses; il a mis à nu les tendances ataYiques, les poussées d'un sang-qui se maitrise mai, les élaborations des ceneaux dominés par des inJluences dont on ne connaissait point la puis- ,-;a11ce- pub~ance dont on n'a pu, il faut le dire, contrôler la parlée et les forces mnltiplrs et diverses. - En uu mol, l'écrivai II IH' trarni Ile plus "t'trlement d'apr&s dei'\modèles et <lestypes con l'enus, arrètés, cla~ ·és; il observe, il crée, il fait surgir de la foule anonyme des ètres <lont il a suivi la vie, dont il a palpé la chair, dont il a pesé le cerveau, <lont il a sondé le cœur. Comme lè grand :.lichelet, il a fréquenté les amphithéùtres et a demaudé à la mort le secrel de la vir. Au. i, combie11Ir liYre3 où ~ont racontées ces existences sont vivants et vibrants 1... Combien la vie - non plus une ,·ie conventionnelle et dont touteR lN, manifestations étairnt connues d'avance -· coule, large rt Yivace, avec sescontradiclions, ses émotions, pri&es sur le ,•if, \'.•talées, crûment parfois!. .. Et quelle force émane de ces lhrl's ! ... Cet art émancipé, dessiue en contours heurtés mais justes et nets, nos mœurs. Et c'est l'Art véritable, l'Art saint qui grandit l'homme et le poussechaque jour plus avant vers l'inconnu grandiose, effrayant peut-t\lre, mais attirant, mais dominateur qui, ainsi que l'a dit Strada: ..... est un trou qui serait un abime, S'il ne s'avançait pas Yers le progrès sublime. •

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