328 LA REVUE SOClALlSTE l'hommepar lui-même - a pris des vices, et s'est soumis à des êtres, artificiellement constitués en forces de direct.ion, le Prètre et le Roi; en devenant des monstres, ces ôtres restent logiques a,·ec la force dont ils émanent. qui les fit se développer, qui créa le milieu vicié et anti-oaturel, des antinomies duquel ils vivent, et qui les conduit à l'apogée de la puissance pour les précipiter dans le néant où ils disparaissent quand le cycle est complet . Les noms de la plupart de ces hommes sont oubliés; quelqùes-uns surnagent dans les vagues tumultueuses de !'hi - taire et c'est surtout par l'horreur et le dégoût qu'ils inspirent que nous les connaissons. Exempie concluant et frappant: Sardanapale clot le premier cycle de !'Epopée Jlumaine - cycle commencé dans la paix, la tranquilliU•, le calme, le bien-ètre, relatifs, naturellement. des hauts plateaux du Pamir, croule dans la boue et le sang montant de la destruction de fünive incendié ; cycle dont les extrêmes les plus éloignés: la liberté la plus grande, et la plus large, la pureté de la vie à son aurore, et l'oppression dont nous ne pouvons qu'imaginer les atrocités, sont le commencement et la fin ... Le deuxième cycle de civilisa lion comprendra cinq volumes aussi - de même qne les autres. Trois out paru. La Mort des Dieux en 1865; la Mélée des Races en 1873; Jésus, il y a deux mois. Le Peuple de Dieu et la Palas des Peuples arriveront au public avant la fin de cette année. A l'exception de la Genèse Universelle qui est une exposition, le prologue étonnant de l'œuvre géante qu'est l'Epo11ée Jlumatne, tous les livres parus, se rattachant aux cycles divers, sont des drames. Cette forme a paru préférable à !'écrivain pour le maniement des foules qu'il avait à faire mouvoir devant les lecteur<;.Mais il faut s'enten·dre sur la porU•eet la valeur exactes de cette qualification des livres de Strada. C'est bien, en réalité du théâtre, puisque l'ensemble est divisé en actes, en scènei-, et que le tout est dialogué; qu'il y a des discours - combien nombreux, combien superbes! -'- et que l'auteur - en dehors des recueillements qui précèdent et des méditations qui suivent les actes - y expose ses idées par la bouche d'un acteur qui vient devant le spectateur - ou le lecteur - et accompagne d'une mimique l'émission des idées qui chantent ou hurlent dans son àme. Mais, tout bien considéré, ce u·est pas à une exposition d'idées que se livre !'écrivain. Les idées, an contraire, émanent, jaillissent du cl10c des passions, des intér<its mis en présence; il sort de ces drames, une compréhension suggesti vc de l'état d'âme des acteurs, et des milieux où ils agissent.
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