J. DE S'l'RADA Pontife, complément naturel, nécessaire, inéluctable, du Pi·emier Roi. La Religion, la Royauté, étant les deux for0es fatalement complices, se suivent, usant l'une de l'auLre, se doublant, se complétant à merveille. L'ordre de l'Epopee, admirable à tant de titres, ne pouvait séparer les deux systèmes: ils ue l'ont pas été. Nous voici maintenant en présence du drame qui cl6t le premier cycle des civilisations; Sardanapale. Apr-èsavoir suiYi pas à pas, en synthèse, l'épauouisssement des sociétés antiqnes, et indiqué la source de leurs civilisations si avancées et que l'on connait encore si mal, - les cryptes de l'Assyrie, les temples de pierres gigantesques de l'Inde, le,; pyramides et les monolithes égyptiens, les inscripti\)ns cunéiformes et hyéroglyphiques n'ont pas livl'é tous leurs secrets - le poéte évocateur devait, forcément, peindre la chute de ces civilisations et montrer les causes de cet anéantissement dont fut ébranlé jusqu'en ses fondements, l'ancien monde. c·est dans Sardanapale que nous trouverons tout cela. Les sociétés antiques ::<ontles types achevés et absolument complets des théocraties et des autocraties, connexes ou séparées, dans l'exercice du pouvoir, lisez: jouissance de l'asservissement. Ces deux régimes sont hautement synthétisés par le Premier Roi et le P1·emier Pontife. Eu nul pays, les formes extrêmes de l'oppression n'ont atteint plus de généralité que dans l'Inde et en Assyrie. D'aucuns historiogi-aphes affirment que c'est l'absolu du régime qui maintint compactes et puissantes - heui-euses aussi - pendant un nombre de siècles qui nous est inconnu, mais qui est certaineme;it élevé, les sociétés premières. Bien que m'inscrivant en faux contre celte opinion, je pense que ce n'est pas ici le lieu de la discuter. A loisii-, j'y reriendrai peut-être. Le premier cycle des civilisations est donc clos par Sardanapale. Dans les trois premiers livres, la Société antique se fonde et se développe, gagne à chaq ne pas en jouissance et en civilisation. Elle porte, cependant, en elle les germes morbides qui la précipiteront dans l'abime de l'anéantissement. Arrivée à un cntaiu degré, la civilisation, si elle ne se transforme pas, si elle ne donne pas à tous la liberté, la tranquillité, la force, dont jouissent les aristocraties, tombe, nécessaii-ement, dans la corruption qni est la préface de la mort des sociétés. Ce fait, logique en lui-même et forcé par la nature des choses, à la vie desquelles est indispensable le pi-ogrès, ne pouvait manquer de se produire. Dans Sardanapale, Strada stigmatise énergiquement et superbement, cet état où l'homme - sorti de son état naturel qui est la liberté absolue, le gouvernement de
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