RESUMÉ DE LA DOCTRIXE SArnT-SIMO;';IEXXE ~25 en une fédération ayant pour lien une croyance commune. L'humanité en est restée a ce dernier progrès, réalisé par l'association catholique. La série d'états sociaux que nous venons d'indiquer, famille, cité, nation, église, offre aux regards de l'observateur le tableau d"une lutte perpétuelle. Cette lutte règne successivement, avec toute son ardeur, d"abord de famille à famille, puis de cité à cité, de nation à nation, de croyance à croyance. :\lais ce n'est pas seulement entre les diverses associations qu'elle se manifeste; on la retrouve au sein même de ·chacune d'elles, considérée isolément. l'i"ous avons vu les guerres que se sont faites eutre eux les peuples composant l'association catholique, bien que ces peuples eussent témoigné si souvent, et notamment par leurs efforts combinés pour comprimer l'essor de l'islamisme et arrêter ses conquêtes, quelle était la puissance du lien qui les unissait. L'histoire nous montre des rivalités de mème nature , entre les cités ou provinces faisant partie d'une même nation, et dans l'intérieur de la cité entre les différentes classes d'hommes qui la composent. Enfin, la lutte se retrouve au sein même de la famille, entre les sexes et entre les àge , entre les frères et les sœurs, entre les aîné.~ et les puinés. Les germes de di vision propres à chaque association se perpétuent après leur fusion <laus une association plus grande; mais c'est avec une intensité toujours décroissante, à mesure que le cercle s'étend. La rèuuion opérée pour les peuples de l'Europe occidentale pat· le catholicisme, par l'institution de la papauté, est le dernier terme réalisé de la tendance de l'humanité vers l'association universelle. qui se présente comme l'état organique définitif dans lequel doit entrer aujourd'hui l'espèce humaine, représe·ntée par les peuples les plus avan,:és en civilisation. Cette nouvelle évolution des sociétés, annoncée et préparée par leurs perfectionnements antérieurs, sera définitive. En effet, si les institutions du passé n'ont été que provisoires, c'est qu'elles n'embrassaient point la sphère complète du développement de l'humanité dans sa triple direction, momle, intellectuelfo et physique; c'est qu'elles contenaient des germes de mort dans les germes de progrès qui n'avaient point été prévus. Le polythéisme, surtout matériel, n'avait pas prévu les progrès moraux; le christianisme, surtout spirituel, n'avait pas prévu ceux de la science et de l'industrie : les dogmes de ces deux religions, trop étroits pour admettre des découvertes inattendues, en furent ébranlés et brisés: dans l'avenir, au contraire, l'humanité, ayant enfin conscience de sa loi de perfectibilité, s'organisera pour recevoir sans nouvelles secousses tous les progrès futurs. (A suivre) Hippolyte CARNOT.
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