LA REVUE SOCIALISTE à pré ent engagées, à un dC'gréou à un autre, dans la deuxième période de cette dernière époque critique; et, de mème qu'après la ruine du polythéisme et les désordres qui l'accompagnèrent, l'humanité se rangea sous une nouvelle loi religieuse, de même aujourd'hui, après la décadence du christianisme qui s'opère depuis trois siècles, l'humanité se prépare à entrer dans une 11ouvellecondition morale et politique. Xous ,·enons de dire quelle est la marche suivie: par le développement des sociétés : disons maintenant quel est le but définitif auquel aspire ce développement. parmi cctt<' succession alternath·e d'élévation C't de chutes apparentes, communément appeléC's lE's vicissitudes de !"humanité, et qui ne sont autre chose qne la séri(' des efforls faits par <'li<'dans sa carrière de progrès. Ce but, c'est l'os.~ucialion 1111i1•p,•.~r•IIP, c'est-à-dire l'association de tous les hommes. sur la surface entière du globe, et dans tous les ordres de leurs relations. Le but étant déterminé, appliquons la mét.hode indiquée par le maitre. Il nous dit de nous transporter au point de vue le plus élc,·é. et d'examiner ùans !"ensemble des faits ceux qui manifestent une tendance croissante, et ceux qui, au conlrair<', tendent à décroitre : et, en effet, ce qui nous frappe d"aborJ, c'est l'affaiblissement gradu('[ de l'état d'anlagonismc; c'est d'une antre part le perfcctionnC'mcnt graduel de l'état d'association. Un coup d'œil sur l'hi&toire va justifier cette proposition. L'étai d"antagonisme est celui où chaque agrégation partielle voit des ennemis dans toutes celles qui l'entourent, et Ù'fforce de les détruire ; où, dans le sein même de chaqne agrégation, les éléments dont elle se compose sont engagés dans une lntte permanente. Pins on remonte dans le passé, plus on trouve étroite la sphere de rassociation; plus on trouve que l'association ellemême est incomplète dans cette sphère. Le cercle le plus restreint, celui que ron conçoit comme ayant dù se iormer le premier, est lafa111illi•. L'histoire nous montre des sociétés qui n'ont point d'autre lien : il existe aujourù'hui sur le globe des peuplades chez lesquelles l'association ne parait pas s'étendre audelà de cette limite: enfin. autour de nous, dans l'Europe même, quelqucs nations quc des circonstances particulières ont isolées, jusqu'à un certain point, du mouvement de la civilisation, laissent apercevoir, dans leurs relations sociales, des traces encore profondes de cet état primitif. Le premier progrès qui s'opère dans le développement de l'association est la réunion de plusieurs familles en une cité; le second, celle de plusieurs cités en un corps de nation; le troisième, celle de plusieurs nations
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==