La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE SAINT-SnIOKIEN'NE 31a Après avoir consacré sept années de sa vie à la carrière industrielle, il .l'abandonna pour se mettre à la recherche des idées salls lesquelles sa fortune n'était qu'un instrument inutile. Voici comment Saiut-Simon rend compte de ce projet et de sa mise à exécution : « J'entrepris de faire faire un pas général à la science, et de rendre l'initiative à l'école française; cette entreprise exigeait des travaux préliminaires; j'ai du commencer par constater la situation des connaissances humaines, et par étudier l'histoire des découvertes. « Pour y parvenir, je ne me suis pas borné à des recherches dans les bibliothèques; j'ai pris domicile en face de l'Éco!e Polytechnique, je me suis lié d'amitié avec plusi&urs professeurs de cette école; j'ai employé trois ans à me mettrE\ au courant des connaissances acquises sur la physique des corps bruts. << J'ai employé mon argent à acquérir de la science; grande chère, bon vin, beaucoup d'empressement vis-à-vis des professeurs auxquels ma bourse était ouverte, me procurèrent toutes les facilités que je pouvais désirer. J'avais de grandes difficultés à surmonter; déja ma cervelle avait perdu de sa malléabilité; je n'étais plus jeune, mais d'un autre côté je jouissais d'un grand avantage : de longs voyages, la fréquentation d'un grand nombre d'hommes capables que j'avais recherchés et rencontrés; une première éducation dirigée par d'Alembert, éducation qui m'avait tressé un filet métaphysique si serré qu·aucun fait important ne pouvait passer au travers, etc. << Je m'éloignai, en 1801, de l'École Polytechnique; je m'établis près de celle de médecine; j'entrai en rapport avec les physiologistes; je ne les quittai qu'après avoir pris une connaissance exacte de leurs idées générales sur la physique des corps organisés. << La paix d'Amiens me permit de partir pour l'Angleterre. L'objet de mon voyage était de m'informer si les Anglais avaient découvert de nouvelles idées générales. J'en revins avec la certitude qu'ils n'avaient sur le chantier aucune idée capitale neuve. << Peu de temps après, j'allai à Genève, et je parcourus une partie de l'Allemagne. J'ai rapporté de ce voyage la certitude que la science générale était encore dans l'enfance dans ce pays, puisqu'elle y est eu.core fondée sur des principes mystiques; mais j'ai conçu de l'espérance pour les progrès de cette science, eu voyant toute cette grande nation passionnée dans cette direction scientifique. » Saint-Simon ne se borna point à étudier les sciences et les

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