SURVIYAXCES AXIMIQUES ET POLYTHÉIQt;E::, :30.3 s::iints ou la vierge comme intercesseurs près de Dieu, non elle les invo4ue comme des Dieux tout-puissants. Ces invocations, ces prières se font sous des formes qui décèlent une foi robuste et, comme conséquence, une intellectualité fruRte. Au pardon de~- D. de Rumengol je fus témoin du fait suivant: Des groupes de pélerins des deux sexes dévotieusement contournaient l'église, égrenant leurs rosaires, marmottant leuril prières. Devant la porte centrale, ils Rtabulaient, se prosternant, s'agenouillant. Ain,!i ils faisaient comme les dérnts qui accomplissent le tour d'une lamaserie en se prosternant et s'ag,monillant un nombre su!fümmment de fois (Letourneau). D"autres encore, agenouillés le long des murailles extérieures du sanctuaire, restaient plongéH dans les méditations cle la prière, quelquefois le visage collé contre les froides et mousseuses pierre,;. Cola rappelait la scène peinte par Vereschagin représentant les Hébreux le long des mur-a.illes du temple à Jérusalem. A Sainte Anne Ll'Auray il n'est pas rare de voir des pélerins monter à g<!noux la Scala Sancta, s'arrêtant à chat1ue marche pour marmonner leurs pâtenotres. Ces pardons, si assiduement suivis par les bretons, it la fois fêtes religieuses ot profanes, provoquent quelque fois chez ces frustes des scènes (1) peu morales. A Rumengol même, un artisan de Plougastel fort intelligent et en apparence teinté de libre pensée, sinon d'athéisme, me contait qu'au grand pardon de la Trinité, tant son.nombreux les pélerins qui viennent évoquer la vierge guérisseuse, qu'il leur est impossible de loger en la trentaine de maisons du village. Alors ils couchent clans les granges, les champs s'il fait beau, l'église même; le pardon dure plusieurs jours, les libations sont fréquentes; aussi la nuit, dans cette promiscuité de milliers d'individus des deux sexes, cle tout âge, il se passe des scènes indescriptibles ... et neuf mois plus tard les effetBapparaissent sous l'esp~ce de vigoureux bébés. C'est là un des miracles de~- D. de Rumengol. Dans tontes les manifestations religieuses des bretons, dans ces invocations aux saints et aux vierges de toute espèce, on 1·etrouve facilement le polythéisme ancestral; de même que, dans les (1) Il ne semble pas quP les bretons contemporains aient un ,·espect profond pour les morts car les cimetières sont souvent profanes lo,·s des pardons. J"ai vu le cimetière de Rumengol, attenant à l'cglise, envahi pnr la fouit qui mont.bit sur les tombes, s'y asseyait. D'aucuns, accotés sur les tombeaux, y prÏt'ent leur repas à midi, d'autres femmes ou hommes y satisfaisaient leurs besoins, sans souci do s'éloigner des regards, - A Pon~roix, le cimetière désert attenant aussi à l'église srmblait un lieu p1·opre à la défécation, affectionné dans ce but par des enfants, sans doute, à en juger par les traces visibles. 20
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