La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

SURYIVAXCES .I.Xll\llQUER E'I' POLYTHÜQCES :301 SURVIVANCES ANIMIQUES &POLYTHÉIQU EN BRETAGNE « )Iême dans les pays civiliRéRoù l'esprit est moins conHPr- " \'ateur qu'en Chine, leHantiques chimi•res animiques, dont s'eKt « bercée la crédulité de l'homme primitif, persh;tent, mal caché('K « par le manteau des grandes religions ditCHsupérieures.» Ainsi s'exprime }I. Letourneau tlam; l'E1•0(11tio11 Rl'liyft,11.w· et, la lecture"tle ce substantiel oun-age achevée, cettt• plu-.11.;heantait mon esprit. me suggérant de noter au passage lei; preuYes dt' cc 1lire, par moi obsen·ées en deux récents voyages sur la tern' d'Armorique. Nombreuses sont les preuves, aussi je me bornerai it en rappeler quelques-unes. La phytolàtrie, que le mythologue obsen-e en tous pays che;r, les peuplades primiti,.es, que Letourneau nous apprend a,·oir été ordinaire à l'époque protohistorique chez les peuples celtiques, a laissé des racines si profondes que, encore maintenant, on la confitate chez les bretons malgré leur catholicisme. Ainsi sur la route de Quimperlé à Pont-Aven se trouve une fontaine à saint Eloi consacrée ; elle est souveraine pour la guérison des chevaux malades. Ce qui distingue la phytolâtrie actuelle de celle des ancêtreR, c'est que les fontaines prétendueR miraculeuses au lieu d'êtr.- Rou,- l'invocation d'un dieu spécial, au lieu d'être elles-mêrneK divinisées, sont souB la protection d'un saint quelconque, d'une ~otre-Dame non moins ·l!uelconque. Il me souvient d'avoir vu en un hameau (commune de Primelin) sur la route d'Audierne à la pointe du Raz, non loin de la chapelle Sai11t-Théoclore - tout pri-s est un petit dolmen où encore les fièvreux se couchent pour Re guérir - une source protégée par un saint dont la statuette orne une niche construite au-dessus de la source. Quelques fleur,;

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