La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LUSDIS SOCIALIR'l'ES profondes clu prolétariat dressent l'oraille aux grondements lointains annouciateuril des justices nouvellPR: que <lis-je, le,; plus généreux et les meilleuril de la clas::1Pdc>elinantt• des Yidllc,; religions,des anciennes philosophies pressentent s>t saluent l'a ,·enir qui s'annonce, par del,'t la nuée menaçante, dans lo rayonnement croissant cles promesses social istl•,;. ::\faisc'est justement <1uand les vieilles ciYilis,1tions se scnten t condamnées que leur ré:,istance t•st le plu:, acharnée et le plus cruelle: par suite, et c'est surtout à l'approche du triomphe que les évènements, à tous les champions (le l'an>nir doiwnl se tenir prêts pour tous les sacrifices. Et nous en Kommes bien lit maintenant. ChaqtHI jour a ses combats, chfü1ue heure ses violences; jamais ne fut Hivraie eette parole 1:ü paradoxale d'allures \l'Ifrnri Heine : "Celui \fUi au « XIX'"0 siècle ne s'attend pas it mourir de mort Yiolcnte, J1e 11: comprend pas du tout l'époque cle ci,ilifiation dantl laqndle le « sort a bien Youlu le faire naîtn• 1>. Il n·y a qu'à faire front au danger, qn'it Hereinerncnt affronter les i•preu ,·eH de la persécution ou de la misèn', C'l prendre par deYoir, par esprit de justice et pour l'amour da l'Humanité, Ha part de trarnil et de lutte dam, le gran(! œu,rl' de rénovation sociale qui se1·ala consolation des hommeH de demain. Au premier rang des militants qui, on cc temps, combattent avec le plus <l' héroïsme et soulfrtlnt avec le pin., de constance pour 1'6mancipation humaine aimü compriRc, il fant citer Amilcare Cipriant. Quelle ocly;;~éeadmirableque la sienne et combit•1Hloulourcuse! Agé de 15 ans à peino, il combattait Rous Garibaldi dans les rangs des Mille.Un peu pluf! tard,il 6tait près de son g,'.,néral,<1uand celui-ci fut bles~é à Aspromont.i par uno balle italienne et pour le compte de l'ingrate maison de 8avoie. Peu après, nous voyons le jeune Yolontaire de la libert6 cTes peuples combattre pour l'indépendance de la Gri•cc aux côtés de Flourens.. En 1870, il défendait la France envahie, et l'héroïque colonel qui, après la mort <leRochebrune, prit lo commandement des bataillons parisien.-i brillamment engagés à ~Iontretout, n'étttit autre qu'Amilcare Cipriani. qui refusa la décoration à lui offerte pour ce mémorable fait d'armes. Officier supérieur clela Commune, il vit tomber Flourens sous le sabre cl'un gendarme assassin; lui-même conduit prisonnier à Versailles,allaitêtrefusillé loraq ue la promulgation par la Commune de la loi des otages amena le gouvernement cle l'atroce Thiers à faire cesser les exécutions sommaires. Le premier .iauvé fut ainsi Cipriani, on le réserva pour les bagnes calédoniens oti il fut parti-

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