La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

294 LA REVUE SOCIALISTE culièrement maltraité. o: L'amnistie de 1880 le ramène en France, mais bien vite il repart en Italie, pour recommencer sa lutte ré>publicaine. On le saisit aussitôt pour un prétendu délit commis autrefois en Egypte où il s'était défendu contre un moucharcl italien et le voilà replongé dans un bagne, un bagne d'Italie, pire mille fois que celui de France ... « Pendant huit années de bagne italien, il fut enchaîné par le travers du corps; le suffrage des électeurs avait beau l'élire et le réélire,le gouvernement s'acharnait d'autant plus, jusqu'au jour où prenant peur, il expulsa le député neuf fois élu. << Cipriani revint en France, calme, souriant de cette belle tranquillité de~gl'and lion qu'il partageait avec Garibaldi. » (Lissagarray : Almanach de la Q111'Nliosnociale). C'est alors qu'avec Anatole de la Forge, l'auteur de ces lignes et quelques autres partisans de la réconciliation de la France et de l'Italie, il fonda l'Union des Peiqhs Latins et s'adonna à la propagande franco-italienne, qui, en 1889, grâce à l'adhésion de Felice Albani et des groupes mazziniens,donna lieu à des manifestations inoubliables et si peu stériles que le gouvernement italien s'empressa de changer d'attitude vis-à-vis de la France. De ce chef le but de Cipriani, d'Albani, d'Imbriani et de leurs amis fut atteint. Mais l'infatigable militant voulut reprendre la lutte en Italie. Arrêté contre tout droit, à Rome, le l •• mai 1891, avec quatrevingt-douze co-accusés, à un moment où il s'efforçait, de calmer les foules, il fut, après quinie mois de prévention condamné à trente mois de prison qu'il a purgé dans le carcere dnro de Perugia. Toujours frappé, jamais découragé, jamais lassé, l'impavide militant a repris la lutte pour l'émancipation humaine au moment même de sa libération et il combattra jusqu'au triomphe ou jusqu'à la mort pont' la liberté politique et la justice économique. Tel est l'homme qu'une femme d'intelligence et de cœur, une des plus éminentes praticantes de la bienfaisance parisienne a voulu plus complètement révéler au public. Madame Emilie de Morsier ne pouvait mieux choisir; aussi les félicitations ne lui manquèrent pas, lorsqu'en 1889, elle publia la première édition de Amilcare CùJriani, les Romagnes, et le Peuple italien. Aujourd'hui Madame E. de Mor.:;ier nous fait l'honneur de nous demander de recommander la deuxième édition - qu'elle publie à la Librairie de la Revue Socialiste - de la biographie du grand révolutionnaire. Notre chagrin est de ne pouvoir le faire comme il conviendrait. Il eut fallu pour cela la plume incisive et sonore du regretté Léon Clade!. Mais, an moins, nous pouvons saisir cette occasion pour dire, encore une fois, toute notre affectueuse admiration pou!' Amilcare

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