LUXDIS SOCIALISTES 2!11 ment politique ; cela a plutôt le caractère contagieux et absorbant d'une révohttion religieuse. Car on ne se propose pas seulement d'atteindre une fin pratique, on a un sentiment profond et intime du devoir, une aspiration individuelle vers la per(ection morale. » (Stépniak : La <J?..1issoiueterraine). Cependant tant de grandeur morale ne put toucher le gouvernement russe. Ces quatre années - 1871-1876 - qui marqueront dans l'histoire du dix-neuvième siècle comme la plus belle efflorescence socialiste qui ait jamais honoré un peuple, furent suivies d'une persécution atroce. Les nobles enseigneurs et les touchantes enseigneuses de bonté. de science et de justice furent brutalement enlevés à l'apostolat qu'avec tant de douceur et de courage ils poursuivaient, dans la souffrance et, Je plus souvent, sous l'outrage. Traités comme les pires criminels, ils furent trainés, chargés de fer, dans cette Sibérie où les avaient précédé tant de victimes du despotisme des Romanoff. Des énergiques dirent que ces martyrs de la Révolution Sociale i:ie devaient pas expirer sans vengeance, et la réaction gouvernementale, suscita, dans toute la Russie militante, une incompressible explosion d'indignation. On se souvint alors des objurgations destructionnistes de Bakounine, et le 11ibilis11t1eerroriste succéda au propaga11dis111e bu111a11itaire. Une épopée nouvelle, sombre et tragique celle-là, déroula ses péripéties sanglantes sur toute l:l surface de l'immense empire. li faut lire, dans les Etudes socialistes,pbilosopbiques et morales de Barbe Gendre (Mme Nikitine), le-pathétique récit de ce conflit héroïque dans lequel, héros parmi les héros, se distinguèrent particulièrement Valérien Ossinski, Sophie Pérowskaia, Jessa Helfmann, Kibaltchich Géliaboff, Chiriaieff et tant de centaines de dévoués qui, tous, ont laissé, dans la lutte implacable, la vie dont ils avaient, d'un cœur joyeux, fait le sacrifice pour le triomphe de la liberté politique et de la justice sociale. A la réaction aveugle, implacable, éternelle, les révolutionnaires, ,, las d'être exterminés », dit Barbe Gendre, répondirent par le p:>ignard des conjurés et par les bombes explosibles. Si donc des dizaines de milliers de socialistes et de révolutionnaires, expièrent dans les bagnes sibériens ou dans les supplices, leur amour de la liberté et de la justice, des généraux, des gouverneurs furent frappés et, fait inoui dans les annales moscovites, un tsar tomba foudroyé par la dynamite au service des révolutionnaires. Il faut ajouter que, comme toujours en pareil cas, ce meurtre politique fut plutôt funeste à la cause qui l'avait inspiré. Alexandre li se rendait enfin; lui mort, la Russie qui allait enfin expérimenter timidement un régime semi-libéral, était ployée sous un despotisme aggravé et le terrorisme semble vaincu. Non le socialisme toutefois,
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