LA RÉYOLU'fIOX DE DEMAIX 27 transition gallo-romaine; de même que nos deux grand,; clerni<'rs siècles, le XVII• et le XVIII°, sont issus clu moycn-àge et se rattachent à lui par la transition de la Renaissance; de même que J"àge moderne procède Yisiblement des deux Kiècles qui ont précédé la réYolution. Comment, d'ailleurs, pourrait-on conceYoir l'i<lée du progrès humain si l'on admettait entre les époques successi ,·es de la ciYilisation, des lacunes, des trous, d'immenses espaces nus et infranchissables? Il faut, au contraire, retenir et méditer cette profonde penRée de Pascal: « L'humanité doit être considérée comme un homme qui ne meurt jamais et qui apprend continuellement. ll Quand l'habitat g~ographique, en se modifiant d'apr&s les travaux humains, et en devenant plus fertile, plus facilement parcourable, plus propre à l'établissement des agglomérations de famille, à la création des cités; quand le développement incC'ssant des connaissances humaines, en suscitant les découverte,; Heientifü1ues, lesquelles promeuvent les progrès du commerce et de l'industrie, ont amené des modifications profond<'s dans les conditions générales d'existence des sociétés et des hommeH qui en font partie, il se produit, pour ainsi dire, cra<1nement, puis rupture, entre les deux morales : entre la morale ciYile qui doit tonjom·a s'adapter à la vie sociale, et la morale religieuse qni reste relatiYement fixe. Il y a alors lutte entre les tendances laïques et la doctrine religieuse. Celle-ci se défendant au nom do !'Ordre, celle-lit attaquant au nom du Progrès. L'issue de la lutte n'est jamais douteuse. Les 11w1·alPs religieuses succombent tôt ou tard; la morale naturelle subsiste et grandit. C'est ainsi que la morale catholique se trouve aujourd'hui en conflit avec la morale civile sur le point le plus fondamental de notre existence moderne. La morale catholique considère le travail comme né d'une déchéance et constituant une peine ; la morale civile le considère et le proclame comme la conditiou essentielle de notre bonheur, de notre dignité et de notre Yertu. Elle en a fait même une sorte de religion : <r Qui travaille prie. » Dans la morale catholique, la vie sainte par excellence,c'est la vie contemplative ; d'après la morale humaine, c'est la vie active. Mais il y a plus ; et sur bien des points, la morale religieuse, même alors qu'elle concorde avec la morale ci ,·ile, est aujourd'hui sans force pour imposer ses commandements. N'a-t-elle pas, par exemple, depuis des siècles, répronYé, ana-
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