2ï8 LA REVUE SOCIALISTE Il est ct>rtaincependant que chaque homme utile, quelle que soit sa profe;:;sion, remplit une fonction sociale, fait ce qu'il fait parce que la ;:;ociétéa besoin de ses services; il peut choisir sa fonction, 1,1rti.~ .~('.ç devoir.~ lui S()llt ùnpMés. A chaque fonction sont naturt>llement attachées certaines servitudes bien définies, et aussi une cel'laine rémunération qui permet à l'homme de faire son travail. La société est donc le centre de notre activité industrielle, et le .~alaire, le pmfit, sont simplP111e11dtPsfails acces.~oin!.~, tout au pluR sf'co,ulaire.~. l\Iais nous, comme nos ancêtres à propos du soleil, nous persistons à interpréter les choses à rebours; nous nous attachons uniquement au paiement; et ce qui est fâcheux, c'ef\t que nous y sommes contraints. Il nous faut vivre, nous voulons nous assurer une position sociale, quelques-uns aspirent au pouvoir, et pour arriver à tout cela, avec notre organisation sociale, c'est-à-dire la possession personnelle du capital, nous sommes forcés de nous préoccuper exclu1:1ivementd'intérêts pécuniers; et notre philosophie, le dogme de la « lutte pour la vie », justifie cet état de choses. Les conséquences de cette lutte sociale sont terribles; ca1· elle est cause de l'improbité, et de l'horrible vulgarité qui est devenue un des caractères marquants de notre époque, et qui se traduit par ces mots grossiers : « butin », « dépouille ». Elle est encore la cause d'un fait infernal, qui demande à grands cris une réforme, et qui est si étrangement ignoré de nos bonnes gens, que nous sommes actuellement tous, bons et mauvais, tentés do suivre une voie immorale, tentés de jouer un rôle anti-social. Oui! que les pauvres femmes soient n·uellt'lllf'nt tentées à i,e déshonorer, et tentées par la société qui est censée être la procidence dp l'hom 11w sw· la terre.' Qu'a-t-on à dire d'un homme qui tente volontairement sa fille innocente? Cette situation, toutefois, ne sera pas changée par les socialistes qui proposent que chacun fasse journellement une part du travail manuel; cela remplacerait simplement la vulgarité actuelle par la grossièreté, qui, quoique préférable, n'est ras à souhaiter; ce serait certainement conjecturer le mal, mais sans élever la situation ; et cela montre que ces socialistes n'ont aucune idée du fonctionnarisme, qui est l'essence du socialisme. Néanmoins, la direction collf'ctive des induMries, ayant pour but le bénéfice collectif, accomplira cette transformation. Puisqu'elle nous assurera naturellement notre existence et notre position, nous verrons pour la première fois nos relations sociales sons leur vrai jour, telles qu'elles sont réellement. Nous comprendrons que nous sommes des fonctionnaires publics et reléguerons la rémunération au second rang, auquel elle
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