264 LA REVUE SOCIALISTE Roquette, ou comme les gamins sans pitié à une représentation de Guignol. Et pour que personne n'en ignorât, cette même majorité, réclama l'affichage de cotte scène grotesque dans les 36,000 communes de France. Dès lors on put dire que le gouvernement n'existait pius que do nom. Ces hommes qu'on voyait assis au banc des ministres n'étaient plus que des automates. Une chiquenaude suffirait pour les jeter par terre et mettre à la place M. Cavaignac - ce fils de bourreau - et ses aides. Pendant ce temps-là, le Sénat ne perdait pas son temps et s'apprêtait à nous rendre M. Jules Ferry. Telles sont les conditions dans lesquelles on a projeté de nous faire marcher au scrutin législatif. Un Tallien dans la coulisAe, un Cavaignac au pouvoir, un Gallifet à la tête des armées, un sous-Rothschild, M. Léon Say, à la garde du trésor public, un Jules Ferry, président d'une haute cour de justice; comme dénouement : Philippe VII sortant tout à coup de l'urne à double fond. Voilà le grand coup qui nous est promis. Toutes les dispositions sont prises et le comte de Paris peut s'approprier ce mot du maréchal Lebœuf : u: Il ne manque pas un bouton de guêtre. » LES DEUX ARMÉES Armée Consn·vatrice. Armée 8dtialislf'. Ne manque-t-il pas peut-être autre chose? Il manque le principal. En 1870, les boutons de guêtres étaient au complet, l'armée, où était-elle ? Le parti réactionnaire nous semble clans une situation analogue. Pour faire des élections, l'utilité d'un homme à poigne et d'un prestidigitateur habile ne saurait être contestée. Est-ce suffisant ? Le lti Mai a donné la preu~e du contraire. La pression gouvernementale et les boites à double fond n'ont servi qu'à rendre la déroute plus éclatante. Il faut donc autre chose, il faut aussi pouvoir com1)ter, dans une certaine mesure, sur les électeurs. Or, à côté des dithyrambes du Soleil, nous trouvons ailleurs, sur ce point, des informations très décourageantes pour les conservateurs. Ce qui nous fait défaut, s'écrie douloureusement la Gazette de France, ce sont les électeurs, voire même les candidats.
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