ORIEN'rA'l'IO::i' ET ORGA::i'ISATIOX Reste à savoir maintenant qui dirigera Je mouvemC'nt. Sur ce point délicat, une feuille légitimiste de Nantes a fait des aveux transparents.<< Dans ces circonstances, dit-elle, les coalisés n'ont pa:-; besoin de choisir eux-mêmes un chef : ce chef s'impose de luimême ... Pour le besoin de la campagne, il faut qu'il reste occulte; ne suffirait-il pas qu'il fût découvert pour que son crédit croulât immédiatement? Quel royaliste, quel constitutionnel aurait voul.u, à la veille de Thermidor, serrer la main de l'abject 'fa Ilien et accepter de ce truand l'émancipation de la France? Logés à la même enseigne que nos malheureux ancêtres, qui sait, hélas! si nous ne serons pas obligés de subir les humiliants services d'un antre Tallien? Ce Tallien, on le nomnie déjà tout bas : c'est un ancien ministre, aigri par la sottise des siens, exaspéré par leur ingratitude, décidé à se venger pe1·Jas et ne/as. Vous connaissez maintenant le quidam : c'est un Fouché capable- de tout et même du bien, si ses rancunes et son intérêt l'exigent. <1: Quelques personnes objectent sa déconsidération ; mais cette déconsidération même n·est-elle pas un gage, disent ceux qui le connaissent : <<Armés de son dossier, que pouvons-nous craindre? » A ce portrait, je pense que le nouveau Tallien n'a pas eu de difficulté lui-même à se reconnaître. En attendant qu'il prenne la direction, s'il ne l'a déjà prise, il possède, en la personne de M. Lozé, un agent fidèle et en la personne de :M. Ribot, un agent inconscient qui veillent et travaillent aux intérêts de la coalition . • • • Dores et déjà les coalisés ont eu l'idée d'essayer leurs forces. On n'a pas oublié la démonstration significative du 8 février. Les jours précédents, de nombreux conciliabules avaient été tenus auxquels assistaient à la fois les membres du centre gauche et ceux de ia droite. Là, les fidèles du comte de Paris et les amis de M. Léon Say - partisans de la royauté parlementaire et de la royauté de l'argent-avaient concerté un coup d'éclat. Ils de~aient saisir la première occasion pour se poser devant le pays comme les instruments de sa légitime colère, comme les sauveurs providentiels appelés à le délivrer de la corruption et de l'anarchie. Les arrêts de non-lieu fournirent l'occasion cherchée. M. Cavai- ·gnac - un nom significatif - fut chargé de l'opération et l'exécuta avec uue dextérité parfaite. Sa parole tranchante fit l'effet du couperet s'abattant sur le cou du condamné ou du bâton de Polichinelle sur le dos du commissaire. Et la majorité d'applaudir comme la foule des badauds à une exécution de la place de la
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