La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

ORIENTATION ET ORGMiISATION 'fandis que les états-majors passent leur temps à ourdir de savantes combinaisons, on ne s'occupe pas des électeurs. Ceux-ci « n'ont pas été préparés depuis trois ans et demi, et de ce manque <lepréparation résulter:i. la disette des candidats. Nous affirmons que, dans la plupart des départements, rien n'a été fait pour une organisation conservatrice. Nous affirmons. pour lo voir de plus près que le Soleil et ses amis, qu'il règne un immense désarroi.» Rappelant le mot de M. d'Haussonville à M. Hervé : « L'organisation monarchique suffit, et elle est prête», la feuille ro-yaliste répond: « De toute notre énergie » nous démentons cette affirmation qui (( témoigne le plus tristement des illusions entretenues dans certaines régions. » « Non, l'organisation monarchique ne suffit ni pour leR élections prochaines ni pour d'autres éventualités. Non, l'organisation monarchique n'est pas prête. - Voilà le point essentiel... sur lequel aurait d.û s'arrêter le Solt,il. « Ceux qui ont charge et responsabilité sont-ils résolus it réparer le temps perdu par une dévorante activité, comme celle que Gambetta recommandait aux républicains? Voilà encore ce dont ne nous instruit pas le Soll'il. » Quant aux alliés sur lesquels compte la réaction, il leur manque aussi quelque chose d'essentiel : le tempérament de l'action. Voyez ces malheureux centre-gauchers, combien de temps a duré leur ardeur? De leur plan si ingénieusement combiné que reste-t-il ? s'emparer du pouvoir avec l'appui de la droite, enlever les élections, déloger le personnel républicain de toutes ses positions, y compris l'Elysée, c'était l'affaire d'un discours. Hélas ! très apte à la guerre de couloirs, leur vaillance se dissipe au premier choc en rase campagne. Il a suffi de parler un peu fort pour les faire rentrer dans l'humilité. Un autre discours, ils n'étaient déjà plus. Eh quoi! des complots avec la droite, qui pouvait les en croire capables? que peut-il y avoir de commun entre M. Deschanel et M. Piou ? M. Cavaignac aurait songé un seul instant à créer des embarras au gouvernement? abominable calomnie! Couardise, isolement : tels sont les alliés de la réaction ; avec cela, elle peut conquérir un siège de président au Luxembourg, mais non la France. M. Jules Ferry lui-même est incapable de lui donner la virilité qui lui manque. • • • Pénètrons dans l'autre camp et passons-y une inspection rapide.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==