25l LA REVUE SOCIALISTE politiciens! - mais stériles pour les travailleurs. Il est temps de prendre à l'llistoirc son réritable enseignemeut. 11est temps de briser arec toutes les vieilles formules religieuses ou politiques. Si dan~ la seconde partie du lil're, le Fait et l'Idée, certains poèmes comme Rt'cùlidste et Iil~·oïsme, sont d'une forme nn peu trop prosalque, - quelque peu coppelenne, la quatrième (L'homme et Dieu) et la cinquième parties (La (;ue,Te svnt réellement animées d'un souffle puissant et portent la ma,·que d'un poète de robuste pensée. Ici la forme est originale et l'itlèe hautement philosophique. Qu'on lise [°n Sicl, JJeligion, Dualité, Clai,·omu'e, Complicité cle l'histoù-e (di-diéc à Benoit :\lalon) La Bataille, Les Lauriers et l'on aura la con- ,·iction comme nous que le line de Gabriel de la Salle est \"!"aiment une belle et l'igoureuse œune d'art socialiste. Robert Brn:-;1ER. Le Socialisme Allemand et le Nihilisme Russe, par M. J. Bourdeau. - Félix Alcan, 189:2. :\1. Bourdeau étudie le socialisme allemand en philosophe, sans partipris apparent, sans crainte ni complaisance. C'est un des liHes les plus complets et les plus intéressants sur cc sujet. passionnant entre tous. Après les lil'res nombreux déjà parus. entre autre l'ouHage de :\1. de LaYeleye, à la même librairie, le Capital de ;\1. G. De\'ille, les Questions contemporaines, de 711.G. l{cnard, les importants tral'aux de Benoit :\Ialon, la doctrine <lu socialisme <le :\larx et d'Engels est suffisamment connue. li me suffira de dire que i\l. Bourdeau en donne à son tour une analyse très précise et très clai, e. Les pages qui paraissent le plus dignes d'attention, sont. à mes yeux, celles qui ont trait aux origines philosophiques de la doctl"Ïne de :\larx. L'auteur df\signe comme précurseurs Hégel et surtout Büchner. (Je signale à cc propos la rema,·quable thèse de :\1. Jean Jaurès sur ce même sujet, thèse dont la traduction, due à notre collaborateur A. \'eber, a été publiée dans la Re~ue socialiste, numéros de juin, juillet et'aoùt 180'2).Les étapes, les transformations, les tactique divnses adoptées successivement par les chefs du parti socialiste allemand, sont indiquées par :'Il. Bourdeau al'CCune grand., richesse d'informations. Il montre les progrès incessants, terrifiants. pour certains, de ce parti. ~ quelles causes faut-il les attribue• 1 Faut-il penser artc Jouffroi que « l'instabilité des gouvernements contempor·ains, l'impatience des peuples modernes, la fragilité de toutes nos charpentes sociales et de toutes nos machines politiques, n'ont d'autre cause que la chute du christianisme et l'attente d'une religion? » i'ion pas, la solidité de la foi est loin d'être une garantie de solidité. :-ic régnait-elle pas au moyen-âge, et quelle époque a été plus troublée par les changements politiques et sociaux, les rholutions dynastiques, les formations et les clèmembrements d'Etats? Pour i\l. Bourdeau qui. dans la -circon&tance, se souYient peut-êti-e trop d'avoir traduit Schopenhauer, la vraie cause, c'est que l'homme, sous quelque régime qu'il vil'c, arnc ou sans croyances dogmatiques, ne se troul'c jamais assez bien, il veut être mieux: comme le malade sur sa couche il cherche toujours une position moins douloureuse ... qu'il aura grand'peine à trou\'er. Sans doute le socialisme ne créera pas le bonheur, qui est chose intime et personnelle, résultant surtout du tempérament de chacun i mais en assurant les moyens d'existence à des milliers et des milliers d'indi- \'idus sacrifiés aujourd'hui, il leur permettra de secouer les chaines de la misère et de relever la tète. En dépit du pessimisme ou plutôt du scepti- -cisme de l'auteur, cc résultat appréciable serait certainement apprécié. Quoi qu'il en soit, M. Bourdeau ne croit pas que les doctrines des socialistes allemands triomphent jamais dans leur plénitude. « Si obscures <JUeparaissent les destinées, dit-il, et si incertaines les prophéties, cet
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