REVGB DES LIYRES convaincus, mais si leur petit d,-ame exalte la rési.t~ncc aux enl'nhisscurs. il est au.si une protestation cvntre la guerre! C'est , igoureu~cment pensé et écrit. L'In.térêt et le Cœur, roman par J\I. l'etitbon. 1 rolumc; Sarine. Peu de choseP à si!!'naler en ce volume, quelques satires contre l'hvpocrisie mondaine et puis c·est tout. • üans les Ecrits pour l' Art, décembre 1892. A lire: Do11,1,'e.E• vot,,- tit-es. _deRené Ghil où !e poète du Vam de Viv1·e propose un suffrage d•1 travail - et le referendum mutuel. üans !'Art Social. jam·ier 1893, La Roche Tasp, 1ienne. de (;. de La Salle. L' r.:topie. de Paul Armand Hirsch, sont de bons et courageux articles à signaler et à I ire. Dans la Revue Moderne, numéros de décembre et jam·ier. un ~rticlc de noire collaborateur Robut Bernier La Famille et l'Educo.tion, une poé,ie de Clo,·is Hugues, un essai d'art social d,, :O.laurice l:louchet, des poèmes de Richepin, Thiaudière, un,1 fine notation d'Eugène J\lorel, une ~tude historique sur Pie1-re-Jlo.rtin Rey, député à la Constituante de 1848, par Aimé \ïngtrenier. Luttes ~tériles, poésies par Gabriel de La Salle, 1 rnlume; édition de l'.li·t sotial. 5, impasse de Béarn. Paris. Cc liHe n'est en quelque sorte que la préface d'une œu\'rr ooétiqne très importante. Les Réwltes, mais c'est là une préface qui fait hie11 augurer de ce qui rn sui He, et c'est pour n"us une bonne fortune que de pouroir le présenter aux lecteurs de la Revue socialiste. L'auteur, Gabriel de La Salle. n'est pourtant pas un inconnu pour nos amis. ,1uelqucs-uns de ces poèmes ont déjà été publiés ici même et nous arnns eu maintes fois à signaler l'Art social, la raillante rernc littéraire qu'il dirige. en nos bibliographies. Dans un 1want-propos. où il se défend. cependant. d'écrire un proirrnmme. de La Salle explique la théorie de l'art socialiste. Quelques-uns de ses arguments sont à retenir. « L'Art doit être libre. Libre dans toute la puissance de manifestation dn génie humain; libre même clans ses à-coups de réaction contre les tPndances de l'heure ... ,, car « ce qui est \'rai, cc qui est graud. seul dure» cependant « ce serait méconnaitre la hauteur où l'homme est par·- \'enu que de limiter l'art aux seules productions où la beauté séduisante domine." " .\lais il faut combattre. L'art ira maintenant aux mains de ceux qui seront a,·ec le peuple, qui sortiront de lui, qui vivront de ses joies, qui souffriront de ses misères. qui rnudront combattre. li s~ra aux mains des vaillants qui sauront dénoncer les abus, les iniquités, les compromis de conscience et d'intérêt et prendre le tout à bras le corps pour le terrasser. Et c'est seuleme .. t lorsque tous ceux dont le cœur vibre aux mots de Droit et de Justice comprendront ce ,,uïls ont à faire; lorsquP les assoiflës de ,·érité. dédaigneux d'une vainc gloire se mettront résolument, ardemment à la tête du mouvement de rénovation humaine en dehors duquel ils sont resth; lorsque le Line ne se contentant plus d'être amuseur se fera éducateur, lorsque la poésie pla,ant haut, très haut, son idéal trournra des accents que les masses, - ces éternelles meurt,·ies - entreprendront que l'on pourra dire que l'art existe, l'art utilitaire qui sera la gloire du XX• siècle : l'art de demain. ,, Ce sont là de fort belles pensées généreusement exprimées, auxquelles on ne peut qu'applaudir. Et le livre répond bien au but que s'est proposé l'auteur. Il est un ,·éhément appel à l'action populaire franche et directe. Trop longtemps l'énergie des prolétaires s'est usée en des luttes-profitables peut-être à des
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