La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

252 LA REVUE SOCIALISTE et permis à la réaction de se fortifier contre tous les éléments progressifs de la socù1té russe; comment enfin les problèmes de la lutte du trarnil et du capital se posent a\'ec une force de plus en plus grande devant les nouvelles générations russes, devant toutes les fractions du socialisme russe contemporain. Le Supplement contient un chronique très intéressante: Depuis 1886-1892 ont été pendus 9 socialistes: Kornlevski. ounier polonais; Oulianoff, Andreionckinc, Guenevaloff, Ossipanoff et Che,·ireff, étudiants; Zotoff, Cohan-Bernstein et Haussmann. déportés en Sibérie. Sont morts <lan, la forteresse de Schlunelbourg 19 personnes, dont trois se sont suicidées. Sont morts. dans toute la force de l'âge, et après une courte détention dans les prisons: en 1886, 11 socialistes; en 1887, 11 socialistes; en 1888. 9 socialistes; en 1889, 4 socialistes; - depuis 1889-1892. 12 socialistes. Le Sttpplëment donne leurs noms et de courtes notes biographiques. i\ïcnnent ensuit~ les noms des p,:rsonnes actuellement détenues dans la forteresse de Schlunelbourg clans les prisons, et en Sibérie. Le gouvernement, ivre de sa l'ictoire,' a soumis les détenus à un régime draconien: hommes et fernn,es, pour la moindre infraction au règlement, sont soumis à la terrible punition du knout. Ainsi Mme Siguicla-:\1alaksrauwa est morte sous le knout et cinq de ses camarades - tous condamnés au travaux forcés pour crimes politiques, - se sont suicidés ne pouvant plus. supporter le sournnir du martyre de leur amie . .Nous ne pouvons pas reproduire tous les renseignements du plus haut intérêt que le Supplément donne sur les motifs de la condamnation de toutes ces héroïques victimes de l'absolutisme, mais un fait est cligne d'une mention particuliêre. En 1889, quand la France célébrait lE>Centenaire de la grande Révolution et quand le gournrnement Russe a refusé de participer à l'Exposition Universelle <le Paris, un groupe de déportés politiques en Sibérie Or·ientale a décidé cl'enl'Oyer à M. Carnot, président de la R~publique Française, une adresse exprimant leurs sympathies à la France, leur dévouement aux grands principes de la Révolution Française, leur protestation contre le gouvernement qui, usurpant son pouvoir, trahisgait les intérêts du peuple russe en infligeant à la l'iation Fran,aise une insulte imméritée. Cette adresse fut trouvée dans les poches du cadavre de Pacllelski, tué par les soldats dans la tragédie de Jakoutsk, (Trois socialistes furent, comme on sait, pendus dans cette affaire; les autres furent condamnés aux traraux forcés). Une « affaire » fut instruite par un envoyé spécial du gouvernement contre les auteurs de l'adresse et sept personnes sont encore dans les pris ms de Sibérie. pour le crime d'avoir eu l'intention d'cnvoye1· une adresse cle (<'licitation à J[. Carnot. Ce sont: l\folclavsky, :\1alnotf, Vadzinski, Terechenkoff, Michalevikh, Diboben. Duchesse, roman Carolus d'Harrans et J. France. - Œuvre sincère de bonne ohservation, qui renferme plus d'une heureuse critique des moours sociales; Chamel éditeur. L'Abbé Gilbert, drame en un acte, Auguste George! et Chatrian fils, chez Fischbacber. - Les auteurs sont des patriotes ardents et

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