La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

RE\'t;E nts LIYRES ces deux éléments se trournient souvent en contradiction apparente dans leurs tendances et entraient mème dans une lutte cruelle et horrible pour l"humanité. Le progrès réel et ,·igourcux ne commence que depuis k moment où la marche des choses a permis à ces deux élé·ments un cli•vcloppemPnt simultané et commun; c·est depuis le moment où l'homme a compris leur dépendance réciproque et quand ils se sont confondus pour lui clans un bnt wtique.C'est alors quïl a commen,é à aller natta-ellemcnt ,ers ce but à cause de sa tendance égolste au bonheur individuel; c'est alors quïl a compris que cc grand but était justeme11t cet idéal de justice, auquel le poussait son devoir 1,w1·al.C'est alors, enfin, que la critique scientifique lui a montré ce but comme un résultat logi11ue et fatal de l'érnlution de l'histoire humaine. évolution dirigée par une tendance raisonnée ,·ers le progrès. C'est dans ces cadres que l'éminent philosophe sociali,te place le socialisme en général, et les différentes phases du mou,cment rus,e en particulier. • « Si notre groupe qui a entrepris l'rou,·re collccti,·e dei;~ .\latériaux » réalise son projet, nous montrerons comment les l-li>ml'nts cnnscients de la Russie« I' l,itelleyuentia •, après aroir trarnillé. pen,lant un certain laps de temps, snlidairement arec les représentants de l'a/Jsolutis111e pour assimiler la civilisation européenne, a dî1 rompre a,ec l'absolutisme. sous l'action des rholtcs populaires en Russie et des rérolutions politiques de l'Occident; comment ils sont dcrenus les ennemis jurés de cet absolutisme et les défenseurs du peuple assen·i; comment après la tentatirn rholutionuaire des • Décembristes • ils se sont organisés, même sous la domination soldatesque de :'iicolas, en une forte armée de l'Idée. en représentants des masse,, comment ils ont forcé le pOU\oir autocrati,1ue à abolir le serrnge, à accepter les germes des réformes libérales; comment so produisit dans leurs rangs, - arnc l'apparition sur la scène !tistorique du socialisme scientifüpze, et a,·ant que les germes de, réformes Cllmmencécs eussent abouti tiux institutions politiques plus libérales - cc schisme qui •~ fortifié la réaction; comment le libéralisme russe se m~ntra au-dessous de sa tâche, dans le problème de la rénorntion en abdiquant pre,,pze complètement l'œune commencée par ses prédécesseurs; comment une minorité des libéraux et des radicaux d'hier, faisant la critique « nihiliste » du libéralisme russe. a été amenée à accepter le socialisme scientifü1uc et au no,n de ce socialisme continuer la lutte pour le p1·og1·,:sdu peuple n,sse et de l'hw,1w1ittf; comment les pz·opagandistes ont ou,·ert leur « ma,·che dans le peuple >, po,·tant la bonne parole, et dans les centres industriels. où à rette époque se recrutait exclusÎl·ement l'armée sociali.te de l'Europe et de l'Amérique. et dans les communes des pays~ns, qu'on ne tâche cl',e maintenant à attirer en Europe dans le courant socialiste. :'\ous montrerons les péripéties de cette propagande grandiose; comment l'absolutisme l'a transformée en conspiration mi litante, en forçant les socialistes russes de fondre leur programme socialiste a\'ec les traditions des démocrates et d'opposer à l'absolutisme cette arme terrible, le Comité Exécutif de la « Narodnaïa \'olia », qui amena le trouble et l'effroi dans les rnngs de l'autocratie. :'\ous montrerons comment la minorité a succombé à cause dr la démoralisation des libéraux qui ont laissé périr la minorité hérozque

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