La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

REVt:E DES LIYRES 24!1 pou\'oirs exécutif et législatif, de façon à assurer à chacun <les deux dans sa sphère une plus grande indépendance. C'est le système américain, dangereux à pratiquer en Françe parce qu'il suppose l'élection par le peuple dl! président de la République. Cc dernier inYesti par le suffrage populaire, gou,·erne au moyen de ses ministres, qui n'ont aucun rapport avec la Chambre <les députés. Il reste un autre moyen, rnrs lequel penchent toutes les sympathies de ni. de Lareleye et qui semble le dernier espoir de la Démocratie trop souvent trahie par ses mandataires, c'est le gourernemcnt direct au moyen du Referendum. En Suisse ce système a donné d'excellents résultats et les rntatlons populaires ont sou,·ent fait honneur à la sagesse et à la clain·oyance du suffrage uni1·ersel appliqué aux matières les plu~ complexes. De plus, la \'aleur éducatil"e du Uefe;·endum est indéniable. pa,·ce que le peuple obligé de faire un effort intellectuel pour comprendre le projet qui lui est soumis et les arguments que l'on peut faire Yaloir pour ou contre, devient tous les jours plus apte à gérer lul-rnême ses propres affaires. Aux Etats-Cnis d'Amérique, le Referendum s'introduit peu à peu par nne po1·te démbt'e, pour ainsi dire. Interdit par les lois Américaines, il se présente dans chaque Etat sous la forme de propositions pour ré\'iser et modifier la Constitution. Chacune de ces propositions est étudiée par une con\'ention nommée spécialement à cet effet, En dernier ressort, le pe1,ple approurn 011 rejette au rnte direct. Il en résulte que, dans beaucoup d'Etats, le texte constitutionnel s'allonge indéfiniment, puisquïl comprend maintenant, outre la Constituti()n proprement dite, une multitude de lois portant sur les questions les plus di,·erses. Le peuple en est ainsi l"enue à faire directement une partie de la besogne législatirn et cela au moyen d'adjonctions à la Charte fondamentale. Les deux derniers livres de l'ouvrage sont consacrés à rétude des conditions de stabilité et de succès de la Républiquè. Le principal obstacle au fonctionnement harmonieux des institutions républicaines n'est autre que lïnégalité des conditions et la lutte des classes qui en résulte; c'est <·ette lutte. ,·éritable fond tm9i1J.1<dee l'histoire ,1ui a déjà am"né. en 1831, le triomphe du plus abject despotisme et qui menacera la liberté jusqu"à la solution des antagonismes économiques. lJne enquête sur l'histoire de la liberté dans les divers peuples intitulé: Les Enseignements de l'Histoire, termine ce remarquable ourrage, dont nous n'avons pu donner qu'une idée bien insuffisante. ;\I. de La,·eleye, dans une série de chapitres concis mais pleins de faits, retrace les luttes po1itiques à Athènes, dans les Républiques Italiennes du l\loyen-Age, en Espagne, en Angleterre, dans les Pays-Bas, e11llougrie, en France, en Suède. Presque partout nous constatons que les peuples qui ont ou conser\'er leurs franchises communales et provinciales tiennent aujourd'hui le premier rang dans la marche ,·ers le progrès et la liberté, tandis que chez les nations à centralisation excessi\'e, comme la France, la République n'est qu'un vain mot. (page 274) (l). A. DELON. (l) • Avec une pareille concentration de pouvoirs (en France) la Répu- • blique n'est qu'un nom» (page 2îl, Laveleye). « Sans les libertés provin- • claies, le rëgime parlementaire ne donne que l'apparence de la liuerté; au

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