}:CROS DRAMATIQUES 23.i directeurs, tous les dcYoirs du côté adverse, un syndicat d'artistes dramatiques et lyriques s'est formé il y a quelques années, dans le but d'entrer en lutte pour l'art et pour la vie. Cesyndicat a men·eillcnsemeut rén si. Formé à son origin<' par l'initiative courageuse de quelques artistes, il est ù l'heure 1,résente une force; il était le droit, il est devenu le nombre. Pins de Î.000 adhérents en font partie. Les rt'.•sultats acquis sont 1n·l'.·cieux: le syndicat défend gratuitement ses membrC's dans lenrs nombreux procès aYec les directeurs; il donne dC'sfète,; dont le produit sertit soulager les membres malheureux; il tient, desa sembléesoù les artistes peu,ent se rencontrer, seconnaitre, se concerter surtout. ~Ialheureu ement le syndicat n·est pas rrconnu par la loi el son influence ne rn pas jusqu'à faire supprimer la source du mal: les agences. Or, comme les directeurs ~ont,en rra11d nombre les hommes-liges de ces agences, ils continuent à engager lenrs artistes par ce canal ... de Panama. De ,,;orteqne l'action du gyndicat, qui tendait à remplacrr IC'sagencC'spar de,; ren eign<'ments gratuits, comme cela se passe dans les mairiPs de Paris pour le,; placements de certains corps de métier, se trouYe en partie dl-truite, rt cela an plus grand détriment dC'sarti,,;les. l>onc, delendri est Carthago, en bon français : les agencrs devraient ètre supprimées. Cette situation faite à toute une classe dr> t,ravailleurs, sïmpose à l'examen iles gens de cœur. Quand rarliste a une réputation faite, coDsacréc par le Public, il dicte des conditions: il use de sa notoriété; parfoi nième, comme un grand C'nfant, il en abuse et venge sèscamarades.en cc sensquïl met le directrur en coupe réglée, et qu'il exige de lui des appointements ..... de Prt'•sidentdc la République. Le directeur roublard, ne perd pas la tète; il accorde les appointements, et les prélèYc ..... sur le maigre salaire des ulililes, des artistes moins en vue. Xous ne nous occupons doDc point ici de l'é(oilr> en Yedetle qui se tire d'affaire inconsciemmcDt au détriment de la communauté. ?,;ous examinons simplement la situation d'rnsemblc, do tous ceux qui Yivent du théàtre. Elle est triste: d'autant plus que jusqu'à présent et sauf quelques exceptions, les rrandcs notoriétés artistiques n·oDt pas pris en main le mouYernent profond qui ébranle la vieille carcasse théàtrale; ils ressemblent en cela au pèrP de famille imprudent, qui attend que sa maison soit brûlée pour verser sur le Jeu l'eau préservatrice. De orle que, lïnfluence du syndicat est fatalement bornée par l'inertie des uns, la malveillance intéressée des autres. Beaucoup d'artiste:s restent sans engagement, et l'hiver s'annonce bien rude.
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