231 LA REVUE SOCIALISTE tcnos DRAMATIQUES Dans un article récent, nous déplorions la triste situation faite à la plupart drs artistes dramatique:; et lyriques. Ils dépendent effectivement corps et biens de directeurs armés contre' eu:-.:de traités draconiens, traités librement consentis à la vi-rité, mais consentis le couteau sur la gorge. Quand il faut vivre, et que 1'011n'a pas entre les mains d'autre gagne-pain que la profession d'artiste, 011 doit, coûte que coûte, e:-.:ercerCC'tteprofessio11: parce que les vieux parents et les petits enfants ont faim et froid, parce que l'éclat factice du théàtre dégnise souvent la nudité glacée de la mansarde. Alors on s'engage, ou plutôt l'on se vend pour vivre; c'està-dire pour Il<' pas mourir l et l'on dépend fatalement des directllurs qui possèdent et qui paient; on leur appartient comme l'esclave appartient à son maitre, avec cette diff!'•rence quEJ l'esclave avait 1111 seul maitre, et que l'artiste en a généralement deux; avant d'arrivt>r au directeur il doit passer sous les fourches caudines des agences lyriques et dramatiques. CC'sagC'nces cautionnant IC'plus souvent les directeurs de province, qui s'engagent de leur côté, à former leur troupe par l'intermédiaire de l'agence. Bien entendu, l'artiste n'est engagé qu'à la condition de verser à l'intermédiaire un tant pour cent sur des appointements qu'il ne touchera peut-étre jamais. - Ainsi, d'une part, l'artiste est dépouillé d'avance; de l'autre, le directeur luimême est e:-.:poséà faire faillite par suite des intérêts considérables qu'il verse entre les mains de l'agent théâtral pour le capital exploité. Conclusion : Suppressiou nécessaire des agences. Frappé de ces considérations : tous les droits du côté des
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