LA QUESTIOX SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 23:-3 Devons-nous vous rappeler que la Banque, après tout, appartient en grande partie à de très gros manieurs ct·argent, qu'il se fera très prorhainemeut des opérations métalliques énormes dans des pays voisins, que pour ces opérations il y a des hommes qui peuvent, a,·ec !es quantités <le billets qu'ils possèdent, retirer beaucoup de millions de la Banque. des hommes qui ont besoin - eux qui ont une influence toute-pu:ssante sur la Banque - d'avoit· des ressources métalliques considémbles pour tirer, non pa&au proflt de la Banque, non pas au p1·oflt des actionnaires de la Banque, mais pour leur propre avantage, des ùénéflces énormes des opérations qni seraient faites â ce moment. - \ïve approbation à l'extrème-gauche. Je ne sais pas laquelle de ces suppositions est la vraie; je me horne simplement à dire à la France qu'elle est en face de l'inconnu, qu'il y a là une espèce, - je ne voudrais pas employer de gros mots, je ne ,·eux pas dii·e de mystification - mais je ne sais quoi, une siwation factice faite à plaisir en trois semaines ... - Exclamations - et je dis qu'à l'hem·e précisément où uous sommes tous d'accord pour écarter des questions d'affaires la représentation nationale, ce serait une suprême imprudence de voter un pareil projet sans y avoir regardé de plus près. - Applaudissements sur divers bancs. Cc qni se murmure tout bas et ce que Pelletau n'a pu dire, c'est que l'émission de 500 millions de billets va remplacer dans la circulation monétaire du pays 500 millions d'or. Cet or scrvira-L-il tout simplement à augmenter rencaisse métallique de la Banque? comme le disent les avocats de la Compagnie, ou bien au contraire, comme le bruit en court, est-il destiné ù une i,ui~sance qui fait partie de la Triple-Alliance, l'Autriche 1 Il y aurait donc sous les naïvetés ou les sophismes de :\1. Tirard. une spéculation sur ror entreprise par la haute Banque internationale au profit de l'Autriche, au détriment de la Franc-cet au profit aussi des actionnaires de la Banque de .France. L·or qui sert aux échanges quotidiens va être recueilli par la Banque ùe France, qui l'exportern en Autriche, le prêtera à des conditions avantageuses pour elle. Ce droit de retirer notre or de la circulation, d'en user dans un intérèt particulier lui est concédé gratuitemcn t et sans compensation. Cette manière d'agir est si étrange qu·un des plus zélés défenseurs de la Banque de France, .M. Paul Leroy-Beaulieu, n'a pu s'cmpôcher de s'élever contre les dangers de cette décision. Dans le numéro de l'Eco1wmistl' Fm11rais du 11janvier 1893, on trouve un article de cet écrivain qui blàmc formellement cette extension du droit d'émettre drs billets de bang ue, qui en montre les dangers au point de ~ue ùu crédit des billets et qui prouve d'une façon péremptoire que ce besoin subitement ressenti d·un accroissement des billets de banque est purement. artificiel et nullement justifié par la situation économique générale ci le besoin des échanges. Si la Banque a atteint la limite, qu'elle mette en circulation 200 millions d'or f't 201)millions d'argent. Son encaisse or au lieu de l milliard 700 mil lions sera de 1 milliard 5u0 millions seulement, cc qui est bien suffisant. Ce raisonnement de ~l. Paul Leroy-Beaulieu nous p,miit la plus significative condam nation d'une politique financière inspiree par M. de Rothschild. A. DELON.
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